Les forces régionales n'empêcheront pas les risques de sécurité à long terme en Gambie, selon un politologue

Banjul, Gambie (PANA) - Un politologue gambien, Ismaila Ceesay, a déclaré que la présence de l'intervention militaire régionale de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dans le pays (ECOMIG) ne préviendra pas les risques de sécurité à long terme "si le président ne gagne pas la confiance de l'armée".

Le président Adama Barrow est arrivé au pouvoir avec l'aide des troupes régionales sous les ordres des dirigeants de la CEDEAO. Elles sont toujours en charge de la sécurité dans le pays depuis leur intervention.

Mais, M. Barrow n'a pas visité un seul camp militaire depuis son arrivée au pouvoir, alimentant les rumeurs de sa méfiance à l'égard de l'armée.

"Beaucoup de Gambiens n'ont pas compris l'armée à l'époque de Jammeh. Je peux vous dire que plus de 75% des militaires de la Gambie ne mourront pas pour Jammeh. Ils n'ont tout simplement pas le choix. Ce n'était pas seulement l'armée qui suivait Jammeh ", a déclaré Ceesay dans un entretien avec la PANA mercredi.

"Qu'en est-il des ministres qui étaient autour de lui? Beaucoup de gens pensaient que toute l'armée était loyale à Jammeh, mais les soldats vous diront que Jammeh avait des armes plus sophistiquées à State House que tous les autres camps réunis. M. Barrow est le commandant en chef des forces armées mais n'a visité aucune caserne militaire depuis qu'il est arrivé au pouvoir. Cela aurait dû être sa première mission; il devrait aller vers l'armée et leur dire qu'il est le commandant en chef des forces armées et qu'il a confiance en l'armée pour défendre notre intégrité territoriale. Et il peut parler avec eux de leurs problèmes", a estimé le politologue.

La sécurité de la Gambie est actuellement entre les mains des forces régionales et des Gambiens. Il y a actuellement 500 forces régionales dans le pays, mais le gouvernement a demandé l'augmentation et la prolongation de leur mandat à un an, ont indiqué des sources.

Selon les analystes, la Gambie est actuellement confrontée à une situation sécuritaire compliquée. Il y a environ une semaine, deux déserteurs de l'armée gambienne qui ont fui avec Jammeh en Guinée Equatoriale étaient rentrés dans le pays à travers l'aéroport avec l'aide d'initiés qui sont toujours fidèles à Jammeh.

Dans une interview récente avec les médias locaux, M. Barrow a admis que l'incident était un énorme "échec sécuritaire" mais a insisté sur le fait que son armée lui était loyale, en dépit des affirmations selon lesquelles elle seraient plus fidèles à Jammeh.

"Il n'y a pas de menace à la sécurité, mais nous devons être vigilants ... Nous avons accepté que c'était un grave problème de sécurité et nous allons en tirer des leçons", a-t-il déclaré.

M. Barrow a déclaré que son gouvernement est en train d'établir une académie militaire dans le cadre des efforts de réforme.

-0- PANA MSS/AR/TBM 31jan2017

31 Janeiro 2018 20:23:55




xhtml CSS