Les enquêteurs de l'ONU exigent qu'un tribunal sur les crimes de guerre soit créé en Centrafrique

New York, Etats-Unis (PANA) - Les enquêteurs mandatés par l'ONU ont averti que des crimes de guerre sont actuellement commis en Centrafrique et ont  appelé à la création d'un "véritable tribunal international" avec des juges internationaux qui pourraient objectivement enquêter et poursuivre les auteurs de tels forfaits dans ce pays.

Briefant des journalistes mercredi soir au siège de l'ONU à New York, Mme Fatimata M'Baye et M. Philip Alston, deux membres de la Commission internationale d'enquête sur la Centrafrique, ont rapporté que des crimes contre l'humanité ont été commis par toutes les parties au conflit en cours dans le pays.

Ils ont également averti que si le monde n’accorde pas une attention particulière et ne traduit pas en justice les auteurs de ces crimes, la situation en Centrafrique pourrait très bien se transformer en génocide.

Ils ont noté que la liste complète des auteurs "sûrement" impliqués dans le conflit sera remise par le président de la Commission au secrétaire général de l'ONU et pourrait être partagée avec d'autres organismes.

"Nous sommes ici pour dire que nous faisons des recommandations au Conseil de sécurité de l'ONU et au secrétaire général de l’ONU, mais aussi à l'Union africaine et aussi au gouvernement de la Centrafrique", a déclaré Mme M'Baye, tout en ajoutant : "Nous pensons que pour ne pas que le conflit en Centrafrique s’aggrave encore plus, la communauté internationale doit agir rapidement contre ceux qui violent les droits de l'homme et le droit humanitaire."

La commission d’enquête composée de trois personnes, créée en 2013 par le Conseil de sécurité des Nations unies, comprend Mme M'Baye de la Mauritanie, M. Alston de l'Australie et son chef, Bernard Acho Muna du Cameroun.

La commission est chargée de mener des enquêtes sur les  rapports de violations des droits de l'homme en Centrafrique, de  la compilation de l'information et d’aider à identifier les auteurs de ces abus.

Selon les estimations des Nations unies, plus de deux ans de guerre civile et la violence sectaire ont déplacé des milliers de personnes en Centrafrique, et près de 440 000 personnes sont toujours déplacées à l'intérieur du pays, alors qu’environ  190.000 personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins.

-0- PANA AA/SEG/AKA/TBM/SOC   22jan2015

22 janvier 2015 19:22:24




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