Les dirigeants africains s'entendent sur une Zone de libre échange pour relancer le commerce

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Les dirigeants africains ont décidé de poursuivre les réformes bancaires, la mise en place d'une Zone de libre échange pour tout le continent dans cinq ans (en 2017) et la modernisation du transport ferroviaire, aérien et routier, afin de relancer le commerce.

En marge de leur 18ème sommet qui a pris fin lundi à Addis-Abeba, en Ethiopie, ils ont également convenu de trouver un soutien financier international pour mettre en oeuvre un ambitieux projet de 78 milliards de dollars américains pour les projets d'infrastructures majeurs, afin de relier les pays du continent pour faciliter les échanges et parer aux effets de la récession économique.

"Il devrait y avoir une mobilisation générale des ressources au niveau des pays pour développer les infrastructures et trouver des sources innovantes de financement", a déclaré le président en exercice de l'Union africaine (UA), le chef de l'Etat béninois Boni Yayi.

Préoccupés par l'incapacité du continent à sortir de la pauvreté, les dirigeants ont reconnu que même si la plupart des pays étaient en mesure d'enregistrer des taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de plus de 06%, ces taux étaient encore trop bas pour avoir un impact durable sur la pauvreté.

Le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, qui préside actuellement le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), a été mandaté pour diriger un comité de sept chefs d'Etat, appelé "Comité africain de haut niveau sur le commerce", pour trouver les moyens de réunir les fonds requis.

Les dirigeants ont convenu de trouver de nouvelles sources de financement, à partir d'une imposition de l'aide au développement allouée au continent, de taxes sur les produits et les contrats miniers et des revenus tirés des contrats passés avec les banques en Afrique, ainsi que des agences multilatérales, pour financer la relance du commerce.

"Nous sommes déterminés à résoudre le problème de la stabilité et à mener notre continent vers la prospérité", a déclaré le président Boni Yayi. "Nous devons nous assurer que le taux de croissance est supérieur à la croissance démographique en Afrique", a-t-il ajouté.

Durant le sommet, consacré à la relance du commerce en Afrique, les dirigeants ont affirmé leur engagement à accélérer le développement et l'intégration des marchés africains.

Ils ont également préconisé des efforts pour promouvoir l'industrialisation de l'Afrique, à travers des mesures comme la limitation des exportations de matières premières, le renforcement des capacités de production dans la plupart des pays et la diversification des économies pour arrêter la dépendance aux exportations de matières premières.

Le président Boni Yayi a déclaré que les pays ont convenu de créer un environnement favorable au commerce et au développement des infrastructures.

"Il nous faut la Technologie de l'information et de la communication (TIC), un support énergétique et des systèmes de transport aérien pour unir les Etats et encourager les blocs économiques régionaux à s'unir", a déclaré le chef de l'état béninois.

Dans la Déclaration du sommet, les dirigeants ont convenu que le panel de sept chefs d'Etat présenterait un plan opérationnel pour relancer le commerce intra-africain.

Ils ont également décidé de renforcer les actuels programmes d'intégration des économies en Afrique de l'Est et en Afrique australe et d'un plan pour maintenir ces efforts jusqu'en 2017.

L'UA, la Commission économique pour l'Afrique (CEA) et la Banque africaine de développement (BAD) ont été mandatées pour effectuer des études pour éclairer le débat sur l'application de la feuille de route pour une Zone de libre échange.

Dans leur feuille de route vers une Zone de libre échange continentale, les dirigeants ont déclaré que la finalisation de la Communauté est-africaine (EAC), un effort du Marché commun pour l'Afrique orientale et australe (COMESA) et de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe d'unir leurs économies, devraient aboutir dans deux ans.

Ils ont décrété que les autres blocs régionaux devaient finaliser leurs Zones de libre échange sur une base parallèle dans deux ans et consolider la Zone de libre échange continentale.

-0- PANA AO/SEG/FJG/TBM/IBA  31jan2012

31 janvier 2012 13:37:12




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