Les dirigeants africains durcissent le ton sur les crimes de guerre au Darfour

Addis-Abéba- Ethiopie (PANA) -- Les dirigeants africains ont approuvé, en marge du 12ème sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abéba, un plan pour le report de l'exécution d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar El Béchir, tout en lui demandant de prendre des mesures pour mettre fin aux violations des droits de l'homme au Darfour, la région de l'ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis 4 ans.
Les dirigeants africains sont allés plus loin et ont demandé au chef de l'Etat soudanais d'accepter qu'une équipe de juristes de l'Union africaine et de la Ligue arabe aide à traduire en justice les auteurs des violences au Darfour et participe aux investigations sur le terrain.
L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki doit conduire un panel de juristes qui va enquêter sur les violations des droits humains au Darfour et recommander des mesures à prendre contre leurs auteurs.
Les dirigeants africains ont, dans un premier temps, tenté d'éviter au président El Béshir une arrestation imminente par la Cour pénale internationale (CPI), mais le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki- Moon, qui a assisté à la réunion des chefs d'Etat africains, s'est démarqué de cette initiative.
Le patron de l'ONU a déclaré que la délivrance d'un mandat d'arrêt par la CPI était une affaire dans laquelle il ne pouvait pas s'ingérer et a demandé au Soudan toute sa coopération.
Les dirigeants africains ont admis qu'il fallait prendre des mesures pour mettre fin aux violations des droits de l'homme au Darfour et ont renouvelé les appels de l'UA au Soudan pour que des mesures concrètes soient prises pour la suspension de l'exécution d'un mandat d'arrêt contre le chef de l'Etat soudanais, pour au moins 12 mois, comme le prévoient certains articles du statut de la CPI.
Ce délai devrait permettre la mise en place d'un mécanisme pour juger les suspects de crimes de guerre au Darfour.
M.
Ban Ki-Moon a déclaré que le président soudanais devrait coopérer avec la CPI sur ce dossier et assurer la protection des civils, des troupes étrangères au Darfour et garantir l'application "fidèle" de l'accord de paix nord-sud au Soudan.
Le nouveau président en exercice de l'UA, Mouammar Kadhafi, a soutenu que le chef de l'Etat soudanais devrait coopérer pleinement à la recherche d'une solution à la crise au Darfour.
Le guide libyen a indiqué qu'il reprendrait le dossier du Darfour durant sa présidence de l'organisation, en soulignant que l'UA restait une organisation "qui tire principalement son pouvoir de la force sociale qui pousse les dirigeants africains vers l'unité politique".
Dans son premier avertissement au chef de l'Etat soudanais, le dirigeant libyen a déclaré que le gouvernement soudanais devrait s'atteler à se conformer totalement aux exigences et aspirations de l'UA.
"Le Soudan doit appliquer l'Acte constitutif de l'UA.
S'il le viole, il sera pénalisé", a-t-il mis en garde.
Dans le cadre des recommandations adoptées lors du sommet, les dirigeants africains ont suggéré que le Conseil de paix et de sécurité de l'ONU trouve le moyen de surseoir à l'exécution du mandat d'arrêt contre El Béshir pour permettre au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine d'examiner la crise au Darfour en profondeur, à travers la mise en place d'une commission de justice.

04 février 2009 19:41:00




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