Les dirigeants africains critiquent la CPI sur le mandat d'arrêt contre Bashir

Syrte- Libye (PANA) -- Les dirigeants africains ont réitéré unanimement, jeudi à Syrte, leur opposition au mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar Al Bashir, et ont qualifié cette mesure de "coup de frein" porté aux efforts en cours consentis par l'Union africaine pour la restauration de la paix au Darfour, dans l'ouest du Soudan.
Le mandat d'arrêt émis contre le président soudanais Omar Al Bashir a fait l'objet de vives discussions lors du sommet des dirigeants africains à Syrte, et pourrait conduire à un rejet total de cette mesure de la CPI.
Les dirigeants africains, en discussion sur la position à adopter à propos de la CPI, ont convenu de la nécessité de demander à la juridiction, par l'intermédiaire du Conseil de sécurité des Nations unies, de surseoir au mandat d'arrêt.
Ils avaient décidé, en février dernier, de favoriser la suspension du mandat d'arrêt pour une période d'un an afin de permettre au président soudanais de mobiliser les efforts du gouvernement dans la restauration de la paix au Darfour.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Muhammad Mumuni, a déclaré ce jeudi, que les dirigeants africains ont à l'unanimité, admis que la suspension du mandat d'arrêt est essentielle dans les efforts de rétablissement de la paix au Darfour et sont résolus à faire aboutir leur demande.
"Nous continuons à défendre l'idée que l'article 16 de la CPI devrait être invoquée.
Nous avons une vision globale sur la nécessité de rétablir la paix au Soudan et l'émission de ce mandat d'arrêt ne ferait que compromettre les nombreuses avancées significatives réalisées au Soudan", a déclaré M.
Mumuni.
Un projet de document sur la position par rapport à la CPI indique que les dirigeants africains devraient d'une part interroger les responsables de la CPI pour qu'ils déterminent les dirigeants bénéficiant de l'immunité de poursuites et d'autre part, mettre en cause le comportement du procureur de la CPI.
"Nous regrettons la tournure prise par l'affaire et nous demandons une suspension dont le refus constituerait un coup de frein porté aux efforts de paix et il serait bon de rappeler que la sécurité des populations au Darfour nous préoccupe au plus haut point", a déclaré le ministre ghanéen.
Les dirigeants africains présents à la 13ème session du sommet des chefs d'Etat ont déclaré que l'arrestation du dirigeant soudanais allait occasionner une "vacance de pouvoir" au Soudan, "ce qui aurait pour conséquence de compromettre davantage les chances de paix".
Les autorités soudanaises ont soutenu le déploiement des forces de la Mission conjointe de l'Union africaine et des Nations unies au Darfour (UNAMID) après une série d'engagements très clairs pris avec l'ONU et l'UA.

02 juillet 2009 22:19:00




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