Les déversements d'hydrocarbures, le débat sur la subvention du pétrole à la une de la presse au Nigeria

Lagos, Nigeria (PANA) - Les projets de nettoiement du pays Ogoni suite au déversement massif d'hydrocarbures dans la zone et les préoccupations sur la sécurité et la subvention sur le pétrole sont les principaux sujets à la une de la presse cette semaine au Nigeria.

"Shell invité à faire un paiement initial de 1 milliard de dollars pour nettoyer  le Delta du Niger", annonce vendredi à sa une Nigerian Tribune.

Le journal cite Amnesty International (AI) et le Centre pour l'environnement, les droits humains et le développement (CEHRD) qui insistent jeudi sur le fait que la firme Shell Petroleum Development Company of Nigeria (SPDC)  doit payer un montant initial de 1 milliard de dollars pour nettoyer la pollution causée par les déversements de pétrole dans le Delta du Niger.

Un nouveau rapport réalisé par les deux groupes publié jeudi, souligne que les dégâts causés par les deux grands déversements d'hydrocarbures à Bodo, dans l'Ogoniland, en 2008, n'ont pas été nettoyés.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement, qui a récemment révélé que la pollution pétrolière était si grave qu'il faudra plus de 25 ans pour dépolluer entièrement l'Ogoniland, a recommandé la création d'un Fonds spécial avec un montant initial de 1 milliard de dollars pour commencer le nettoyage.

"L'incapacité de Shell à remédier et à nettoyer immédiatement les déversements d'hydrocarbures à Bodo a détruit la vie de dizaines de milliers de personnes. Bodo est un désastre qui n'aurait pas dû se produire, pourtant c'est le cas à cause de l'inaction de Shell. Il est temps que la firme multimilliardaire prenne ses responsabilités, nettoie et paie", a déclaré Aster van Kregten, chercher pour AI  au Nigeria.

Shell, qui a récemment présenté des bénéfices de 7,2 milliards de dollars de juillet-septembre, est venu en aide à la communauté Bodo avec seulement 50 sacs de riz, de haricots, du sucre et de la tomate après la catastrophe.

Le journal Thisday titre que "Shell doit payer 1 milliard de dollars pour nettoyer l'Ogoniland".

Selon le quotidien, cet ordre provient d'un rapport publié à l'occasion du 16ème anniversaire de l'exécution du militant écologiste, Ken Saro Wiwa, par le régime du général sani Abacha.

Le rapport d'AI et du CEHRD fait état d'un déversement de 4.000 barils de pétrole par jour pendant 10 semaines,  beaucoup plus important que la marée noire produite en 1989 par Exxon Valdez en Alaska, aux Etats-Unis.

Il recommande la mise en application du rapport du PNUE publié en août et qui incrimine à la fois Shell et le gouvernement nigérian pour avoir contribué à 50 ans de pollution dans l'Ogoniland, une région du Delta du Niger riche en pétrole.

La région a besoin de la plus grande opération de nettoyage jamais organisée, qui devrait coûter initialement 1 milliard de dollars et durer 30 ans.

Shell avait laissé entendre la semaine dernière qu'il avait entamé des discussions avec le gouvernement fédéral pour la création d'un fonds de nettoiement pour la communauté, même s'il maintient que plus de 75 pour cent de tous les incidents liés à des déversements pétroliers provenant de ses installations dans le Delta du Niger entre 2006 et 2010 sont le fait d'actes de sabotage, de vols et de raffinages illégaux.

Concernant la situation sécuritaire au Nigeria, la presse rapporte les réactions du gouvernement suite à l'alerte émise par l'ambassade des Etats-Unis concernant des attaques imminentes contre certains objectifs, notamment trois hôtels de luxe, à Abuja, la capitale.

Le journal privé Guardian révèle vendredi que l'ambassade du Nigeria à Washington a adressé une lettre au Département d'Etat américain pour protester contre l'alerte.

"L'ambassade (du Nigeria) souhaite affirmer catégoriquement que le message est diffusé à un moment mal choisi, est injustifié et en contradiction avec la collaboration active des agences de sécurité des Etats-Unis et du Nigeria pour neutraliser les forces de Boko Haram", écrit l'ambassade du Nigeria.

La mission diplomatique nigériane estime que l'alerte a peut-être donné aux forces réactionnaires de Boko Haram un sentiment de triomphe face à la possibilité que les investisseurs américaines fuient le Nigeria.

"Jonathan prend au sérieux l'alerte à la sécurité des Américains, réagit pour éviter une récidive", écrit jeudi le journal Vanguard.

"Pour empêcher toute attaque terroriste comme prédit par le gouvernement américain, le gouvernement du président Goodluck Jonathan a réagi rapidement en ordonnant la finalisation immédiate d'un projet d'équipement sécuritaire dans le pays, avant la fin novembre", note le journal.

Le nouvel équipement sécuritaire doit  compléter les moyens d'observation déjà existants et opérationnels depuis quelques mois, mais aussi plus de 2000 unités de télévision en circuit fermé installées à Abuja et à Lagos et les véhicules aériens non habités (UAV), qui devraient aussi être déployés aux frontières du pays.

Pour le journal The Nation, "le Gouvernement lutte contre Boko Haram grâce à 10 milliards de nairas d'équipement".

Avec l'installation d'un équipement d'un coût de 10 milliards de nairas (67 millions de dollars), le gouvernement fédéral renforce sa lutte contre le terrorisme.

Le projet, développé dans le cadre du Système national de communication sur la sécurité publique, utilise le système GSM.

Il servira aux Forces armées, aux Services de sécurité de l'Etat (SSS), à la police, au bureau du NSA et aux autres branches des servcies de sécurité.

Alors que le journal Sun  annonce "Alerte à la bombe : le GF ordonne une surveillance de 24 heures", Punch affirme que le "GF approuve des opérations militaires dans six Etats du Nord-est".

Concernant la subvention sur le carburant, le journal The Nation invoque le "président Jonathan pour qui "la subvention doit cesser".

Il cite ce dernier exhortant les Nigérians à se débarrasser du sentiment selon lequel le gouvernement a commis un péché en décidant de stopper la subvention du carburant.

Ce dernier s'exprimait ainsi durant la semaine du dialogue présidentiel avec les présidents directeurs généraux des entreprises internationales sur le leadership politique du Nigeria lors du 17ème Nigerian Economic Summit à Abuja.

Selon Nigerian Tribune, le président Jonathan a déploré la politisation du dossier du retrait des subvention et estimé que ses détracteurs veulent faire tomber son gouvernement.  

Mais le président a fait savoir que si la subvention n'était pas retirée, le Nigeria allait importer du pétrole de pays comme le Ghana et le Cameroun dans les 10 à 15 prochaines années.
-0- PANA VAO/MA/NFB/JSG/SOC 12nov2011

12 نوفمبر 2011 12:20:29




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