Les crises en Afrique du Nord contrarient l'Union africaine

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) – Les leaders de l'Union africaine, arrivés à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, pour les besoins du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation pour résoudre les crises politiques en Afrique, ont dit être très mal à l'aise avec la situation créée par les nombreuses manifestations provoquées par la chute du régime tunisien.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, s'est plaint samedi que malgré ses inquiétudes sur les tensions croissantes en Afrique du Nord, la plupart des pays concernés avaient refusé de solliciter de l'aide en dépit des crises civiles persistantes dont ils sont confrontés dans leurs pays.

"La Tunisie a connu sa révolution populaire qui fut soudaine et inattendue. Mais elle a respecté la Constitution, qui stipule que le président de l'Assemblée doit assurer l'intérim en cas de vacance du pouvoir", a affirmé M. Ping.

Le chef de l'UA s'est dit très préoccupé par “les révolutions estudiantines” mais il a fait savoir que l'UA est dans l'impossibilité de s'ingérer directement dans les affaires intérieures d'un pays du fait de sa souveraineté.

L'UA a lancé un appel pour une “courte transition” en Tunisie suite à la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali.

Les manifestants pour la démocratie en Tunisie ont inspiré d'autres manifestants en Afrique et dans le monde arabe.

L'UA a exigé des élections crédibles et transparentes pour permettre aux électeurs tunisiens de choisir leurs leaders.

"Nous espérons que la crise en Tunisie sera rapidement réglée conformément aux valeurs partagées de démocratie et des droits de l'Homme et la transition sera de courte durée pour permettre aux Tunisiens d'élire leurs leaders", a déclaré M. Ping qui a ajouté: "nous sommes préoccupés car si une manifestation d'étudiants doit déboucher sur une révolution, nous avons des raisons d'être inquiets".

Le patron de l'UA, qui s'exprimait la vieille de l'ouverture du 16ème sommet de l'UA, a indiqué que son rapport aux chefs d'Etat africains n'a pas porté sur les manifestations les plus récentes en Egypte et en Tunisie.

Le manifestants ont convergé cette semaine en Egypte pour exercer une pression pour faire partir le  gouvernement du président Hosni Mubarak, qui a répondu en limogeant le gouvernement et en promettant d'en former un nouveau dimanche.

M. Ping a indiqué que l'UA suit l'évolution de la situation sur le terrain mais n'a aucune intention d'intervenir.

"Nous ne pouvons pas nous rendre dans tous les pays et ces derniers restent souverains. Nous sommes préoccupés…mais les autorités égyptiennes nous ont affirmé que la situation est sous contrôle", a indiqué M. Ping.

Les chefs d'Etat africains vont se réunir dimanche pour discuter de la question de la sécurité en Afrique et pour examiner une série de valeurs continentales, qui demeurent très largement ignorées.

L'UA a estimé que la propagation des manifestations en Egypte et en Tunisie est "une situation très alarmante".

"C'est une situation très préoccupante. Nous avons des manifestations et nous ne savons pas à quel moment elles vont se transformer en révolutions, Nous sommes très préoccupés", a déclaré M . Ping.

Plusieurs chefs d'Etat ont annulé leur participation au sommet, de crainte de soulèvements du type de l'Afrique du Nord.

Sur le cas du Gabon, où un leader de l'opposition, Mba Obame, s'est autoproclamé président et a annoncé la création d'un gouvernement parallèle dans l'intention d'attirer l'attention de l'UA,  M. Ping a qualifié cette situation de "nébuleuse".

-0- PANA AO/BOS/ASA/TBM/IBA 30jan2011

30 janvier 2011 11:46:40




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