Les craintes de Amnesty International

Dakar- Sénégal (PANA) -- Amnesty International a exprimé mardi à Dakar, sa crainte que les victimes de racisme soient oubliées au nom de conflits d'intérêts lors de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban prévue en Afrique du Sud, du 31 août au 7 septembre 2001.
"Ce qui est important pour nous, c'est de soulever que le racisme est la racine des pratiques discriminatoires qui débouchent régulièrement sur les violations de droits humains", a déclaré le directeur de Amnesty International (AI) de la Belgique francophone, Philippe Hensmans dans un entretien avec la PANA à Dakar, où il prend part au 25ème Conseil international d'AI.
Il s'est défendu de remettre en question l'importance du problème de l'esclavage des êtres humains mais a ajouté qu'il y a aujourd'hui des problèmes graves de racisme qu'il serait dommage de passer sous silence.
"Je ne dis pas que le débat sur la réparation ne doit pas avoir lieu, mais c'est aussi la même chose de savoir si le sionisme doit être liée au racisme.
Ce qui nous importe, c'est de savoir ce qui va se passer pour les victimes de discriminations donc de violations de leurs droits que ce soit en Israël ou ailleurs", a-t-il dit.
On rappelle dans le Rapport 2001 d'AI sur l'Europe, les actes de racisme qui sont souvent des brutalités commises par des policiers sur des demandeurs d'asile, des réfugiés ou des personnes d'origine étrangères, "le racisme et les comportements discriminatoires sont à la base de violations de droits humains".
Ainsi, pour M.
Hensmans, "combattre le racisme, c'est aussi combattre des violations de droits humains qui en découlent très souvent".
"Il faut aussi que les gouvernements mettent en place des mesures qui condamnent clairement les actes racistes, qu'il y ait des enquêtes indépendantes sur les faits de violations à base raciste et la condamnation des responsables.
Il faut mettre en oeuvre les textes qui existent pour ce qui est de l'aspect répressif", a-t-il dit.
Il y a aussi l'aspect préventif fondé sur la valeur de l'exemple et la question de l'éducation.
Dans la troisième campagne d'AI contre la torture lancée en octobre 2001, la discrimination est désignée comme un facteur de de torture et de violations des droits.
"Au Rwanda, le génocide de 1994 a comporté un aspect de racisme qui a été distillé", a conclu Philippe Hensmans.

22 août 2001 11:15:00




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