Les consommateurs algériens livrés à eux-mêmes

Alger- Algérie (PANA) -- Les consommateurs algériens restent livrés à eux-mêmes, en dépit d'une législation qui les protège et fixe clairement, les règles d'hygiène et de sécurité.
L'ouverture économique du pays et la libéralisation de son commerce extérieur, ont permis l'émergence d'une économie informelle qui affecte, non seulement le budget public, mais porte atteinte à la santé et à la sécurité des consommateurs.
Le dispositif de contrôle reste inefficient et inadapté aux réalités du moment.
Avec 19 laboratoires d'analyses de la qualité et prés d'un millier de contrôleurs répartis à travers tout le territoire national, la mission des directions de la concurrence et des prix ne représente qu'une infime partie de la riposte attendue par les consommateurs, mais aussi, par les commerçants exerçant légalement, dans l'économie parallèle.
Rien que durant la saison estivale (juillet, août), les brigades d'inspection ont effectué des milliers de visites et constaté des milliers d'infractions.
Les chiffres donnés par la direction de la concurrence et des prix, au niveau du ministère du commerce sont éloquents : partout, à travers le pays, le non respect des règles d'hygiène, de la chaîne de froid, le défaut d'étiquetage et l'évasion fiscale sont érigés en pratiques courantes.
Suite à la saisie de 40 tonnes de poudre de lait périmé en août dernier, le gouvernement a décidé d'opérer une vaste opération de restructuration des directions de contrôle de qualité.
Les consommateurs peuvent déposer auprès de ces directions, leurs plaintes, comme ils peuvent déposer plainte auprès des tribunaux, en tant que personnes physiques ou en tant que personnes morales.
Le ministère du commerce projette de créer une agence nationale de sécurité alimentaire, un comité national codex alimentarus, un laboratoire d'essais et d'analyses et un centre de formation et de perfectionnement des agents de contrôle, ainsi que la modernisation des laboratoires existants.
Toutefois, ces mesures restent en deçà des attentes des consommateurs qui restent sans voix, puisque l'on ne recense qu'une dizaine d'associations locales de défense des consommateurs, dont le rôle reste strictement symbolique.
L'association nationale dirigée par Guedfir Mohamed, ne dispose même pas d'un local ; «comment voulez-vous que nous soyons efficaces dans de telles conditions?» se demande-t-il.
De leur côté, les commerçants sont montés au créneau à plusieurs reprises, pour dénoncer la concurrence déloyale exercée par le marché informel.
L'association des commerçants vient de lancer un appel à ses adhérents, les invitant à s'abstenir de payer les impôts jusqu'à ce que le gouvernement trouve une solution aux marchands à la sauvette qui squattent les trottoirs et les artères des grandes villes, en toute impunité, proposant des produits à prix cassés, mais en l'absence de la moindre précaution d'hygiène.
L'anarchie créée par le développement exponentiel du marché informel a rendu la mission des structures étatiques chargées du contrôle et de la répression des fraudes quasi impossible.
Et ce sont les consommateurs qui en payent le coût, parfois au prix de leur propre vie.

22 septembre 2004 18:48:00




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