Les clients de la SGBCI désemparés

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Les clients de la Société Générale de Banques en Côte d'Ivoire (SGBCI) ne savent pas à quel saint se vouer depuis que l'établissment a cessé "privisoirement" ses activités, le 18 avril dernier suite à la saisie de son matériel suite à une décision de justice.
Ce sont des hommes et des femmes désemparés qui sont regroupés devant les banques SGBCI d'Abidjan où ils n'ont pour seul interlocuteur qu'un communiqué laconique affiché sur les portes d'entrée de la banque.
"La SGBCI a le regret d'informer sa fidèle clientèle que la saisie, ce jour, d'une partie de ses équipements d'exploitation et les menaces qui continuent de peser sur elle la contraignent à suspendre provisoirement ses activités sur l'ensemble du territoire ivoirien", indique le communiqué.
Le texte ne donne aucune précision supplémentaire, ni sur les menaces qui pèsent sur la banque ni sur la date de reprise de ses activités, "suspendues provisoirement", se borne-t-il à indiquer.
On précise cependant de sources bancaires que la SGBCI accepte bien de rembourser la somme de 2.
068.
921.
154 F CFA qu'elle doit à la société AFRICOF, mais à condition que M.
Zaher Nagib, patron de AFRICOF, accepte lui aussi de rembourser un prêt de 8 milliards de F CFA qu'il a personnellement contracté auprès de la banque.
"Je ne comprends pas le jeu auquel se livre la Générale dans la mesure où la situation actuelle, bien que pénalisant ses clients, lui porte un gros discrédit dans l'opinion nationale", s'étonne un client de la banque.
"La SGBCI fait du chantage pour s'attirer la sympathie des pouvoirs publics et pourtant elle ne dispose d'aucun recours face à une décision de la Cour suprême", renchérit un autre.
Beaucoup de ces clients menacent déjà de clôturer leurs comptes si la banque reprend ses services.
Cela est d'autant préoccupant que la fin du mois approche avec le virement des salaires des fonctionnaires au sein desquels l'anxiété gagne du terrain.
Quant aux hommes d'affaires, la situation est encore pire à leur niveau puisqu'il n'existe aucune possibilité de verser ou de retirer de l'argent pour s'approvisionner en marchandises ou payer des services.
"Je devais me rendre en Europe aujourd'hui pour un voyage d'affaires, mais tout mon programme est à l'eau avec cette attitude de la banque", confie Dame Sylla, les larmes aux yeux.
La fin des vacances de Pâques en ajoute aux désagréments des parents d'élèves avec les cours qui reprennent lundi prochain dans le pays.
Pendant ce temps, du côté des responsables de la SGBCI, on observe un mutisme total quant à la reprise des activités.
On rappelle que la justice ivoirienne a procédé à la saisie du matériel d'équipement et des accessoires de bureaux du siège de la SGBCI, la contraignant à ordonner la fermeture immédiate de toutes ses filiales dans le pays.
La décision de justice est consécutive au conflit qui oppose depuis 1989 la banque à l'un de ses prestataires de services, la société Afrique Construction et Financement (AFRICOF) de l'homme d'affaires libanais Zaher NAGIB.
En effet, la Cour d'appel de Bouaké, deuxième ville du pays, par un arrêt rendu le 25 mars 1992, avait condamné la SGBCI à payer à AFRICOF la somme de 2.
068.
921.
154 F CFA, mais les responsables de la banque, plutôt que de s'exécuter, ont saisi la Cour suprême aux fins d'annuler cette décision de justice.
La requête a été jugée irrecevable par l'ensemble des chambres réunies de la Cour suprême à travers un arrêt rendu le 22 octobre 1999.
La SGBCI a même fait intervenir, le 16 mars dernier, le cabinet du Premier ministre pour jouer les bons offices dans le conflit qui l'oppose à AFRICOF, mais rien n'y fit d'autant que l'étude de Me Ahobaut Claude, huissier de justice, a mis sous scellé les biens de la Banque en dépit des tous les recours.
On rappelle que la SGBCI, filiale de la Banque Nationale de Paris (BNP), est la première banque ivoirienne en volume clientèle.

20 أبريل 2001 22:29:00




xhtml CSS