Les avocats noirs sud-africains jettent un pavé dans la mare

Le Cap- Afrique du Sud (PANA) -- L'Association des avocats noirs (BLA) d'Afrique du Sud a pris ses distances mercredi par rapport à la déclaration faite par le Conseil de l'Ordre des avocats du Cap, en réagissant aux allégations de racisme prêtées sur des juges blancs de la Cour suprême du Cap.
En début de semaine, la Cour suprême du Cap a été secouée par des allégations de racisme sur lesquelles le président de la cour, Arthur Chaskalson, a promis d'enquêter avec la mise en place d'un sous-comité désigné à cette fin.
Ce dernier a expliqué avoir demandé au sous-comité d'accorder une attention urgente à cette affaire et de rendre compte aux présidents des tribunaux dès que possible.
Ces allégations ont été révélées au grand jour, après la rédaction par John Hlophe, le juge président de la Division provinciale du Cap, d'un rapport faisant état de l'existence du racisme qu'il a remis à Brigitte Mabandla, ministre de la Justice du Cap.
Ces allégations concernent, entre autres, un juge blanc qui aurait dit à ses collègues noirs, que les Noirs avaient la corruption dans le sang.
Dans un communiqué conjoint avec l'Ordre général des avocats (GCB), l'Ordre des avocats du Cap a nié ces allégations.
Toutefois un communiqué rendu public par l'avocat Dumisa Ntsebeza, président de la BLA affirme que "la BLA, y compris ses membres qui servent au Barreau du Cap, se dissocient de la déclaration publiée par GCB et l'Ordre des avocats du Cap".
"Cette prise de position s'explique par le fait que la BLA n'a pas été consultée comme il se doit.
Dans tous les cas, ils auraient dû solliciter une audience avec le juge président Hlophe, avant de le critiquer dans les médias".
Le communiqué indique que les questions de corruption et de racisme sont réelles dans la profession, mais que ses membres ne sont pas prêts à "disserter sur le sujet".
"Le fait de nier l'existence du racisme au sein de la profession est une négation de l'histoire.
La BLA ne peut être partie à une démarche réformiste d'un débat qui ne devrait plus intervenir dans les débats publics sérieux dans une Afrique du Sud post-démocratique", a conclu ce dernier.

16 février 2005 11:12:00




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