Les attentats terroristes n'épargnent personne, même pas l'ONU, constate un responsable des Nations unies

Genève, Suisse (PANA) - L’attaque terroriste contre le siège des Nations unies à Bagdad, en Irak, en 2003, qui a coûté la vie à 22 personnes, devrait rappeler que le personnel recruté localement par l'organisation est souvent confronté aux plus grands dangers, dans les endroits les plus hostiles du monde, dans un contexte d'attaques croissantes contre les humanitaires, a déclaré jeudi le chef des Nations unies à Genève, M. Michael Møller

Pour la cinquième année consécutive, plus de 100 humanitaires ont perdu la vie en mission, a noté Michael Møller, s'exprimant à la veille de la commémoration du 15ème anniversaire des atrocités commises à Bagdad.

"Cet horrible après-midi en Irak n'a pas été un acte isolé, puisqu'il a été suivi d'autres attaques contre les Nations Unies", a-t-il souligné, rappelant qu'en fin 2007, l'ONU a perdu 17 éléments à Alger et que l'année dernière, 148 soldats de la paix et 139 travailleurs humanitaires ont été tués.

Parlant de l'attaque de Bagdad, qui a mené à la décision de l'Assemblée générale des Nations Unies d'instituer, en 2008, une Journée mondiale de commémoration des travailleurs humanitaires, M. Møller a cité l'ancien Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, décrivant ceux qui ont été tués dans l'attentat comme "les meilleurs des meilleurs, les plus engagés, les espoirs des Nations Unies jusqu'à leur mort".

Les victimes de l'attaque étaient aussi "l'espoir et le futur" de l'organisation, a-t-il déclaré, ajoutant que: "notre drapeau bleu ne flotte que parce que des personnes engagées le saluent".

Le haut responsable de l’ONU à Genève a également noté que bien que la plupart des victimes soient des fonctionnaires internationaux, ce sont les travailleurs locaux de l’organisation qui sont toujours confrontés à des situations plus graves.

"Lorsque le personnel international part à la suite d’incidents violents, le personnel local reste souvent pour continuer le travail des Nations unies dans les endroits les plus dangereux du monde", a ajouté M. Møller.

Ses commentaires ont fait écho à un message vidéo du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qui a rendu hommage à ceux qui sont morts "au service de la paix, du développement et des droits humains" dans l'attaque contre
l'Hôtel Canal de Bagdad il y a quinze ans.

Leur perte n’a pas été vaine, a insisté le chef de l’ONU. Parmi les victimes figurait Sergio Vieira de Mello, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme.

"J'ai toujours été impressionné par la manière dont il incarnait les valeurs des Nations unies et notre esprit de service", a déclaré M. Guterres, un sentiment partagé par le maître de la cérémonie de jeudi, Ahmad Fawzi, qui était le porte-parole de M. Mello en Irak et qui a échappé à l'explosion parce qu'il avait été rappelé temporairement à Londres, peu avant l'attentat.

"Nous avons été pris pour cible encore et encore", a indiqué M. Fawzi, notant que les attaques terroristes avaient fait des milliers de victimes partout dans le monde "dans tous les domaines, y compris dans l’ONU".

Parmi les intervenants à la cérémonie figurait Khatan al-Orfali, dont le fils, Omar, a été tué lors de l’attaque de Bagdad alors qu’il travaillait pour l’organisation humanitaire Christian Children Fund du Canada.

Dans un discours émouvant, M. al-Orfali a déclaré que le seul souhait de son fils était d'aider les autres, il a décrit la joie du jeune homme de trouver un emploi et a demandé de nouvelles informations sur les circonstances de l'attaque.

"Jusqu'à aujourd'hui, nous ne savons pas comment ce crime pervers a été commis si rapidement et si facilement", a-t-il déclaré. "Nous ne savons toujours pas qui a laissé passer la voiture piégée".

Et bien que l’Hôtel du Canal, qui servait de Quartier général des Nations unies, ait été fortement protégé, "nous ne savons toujours pas qui a donné les informations aux auteurs", a déclaré M. al-Orfali ou "qui les a financés, quels ont été les résultats de l’enquête, les résultats que nous avons le droit de savoir ".

Malgré la douleur et dans un message d'espoir adressé à l'organisation, il a lancé un dernier appel à l'ONU "pour rappeler à cette grande organisation que les peuples du monde croient toujours à son rôle humanitaire. Nous attendons beaucoup de l'ONU et espérons qu'elle ne nous laissera pas tomber ".
-0- PANA MA/JSG/IBA 17août2018

17 Agosto 2018 10:43:29




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