Les acquis en Somalie risquent de reculer avertissent les pays fournisseurs de troupes de l'AMISOM

Kampala, Ouganda (PANA) - Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des pays contributeurs de contingents (CCT) de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) ont averti que les acquis dans ce pays de la Corne de l'Afrique risquent de reculer si des problèmes importants, comme le nombre inadéquat des contingents et des financements imprévisibles, ne sont pas résolus.

Les ministres, qui participent à une réunion des CCT à Kampala, en Ouganda, ont réaffirmé jeudi la position prise la veille par les chefs d'état-major de leurs pays respectifs, selon laquelle, il faut plus de soutien à l'AMISOM pour lui permettre de mener à bien sa mission de sécurisation de la Somalie.

Cet avertissement a été lancé par le ministre ougandais des Affaires étrangères, Sam Kutesa, qui a déclaré que la Mission avait également  besoin de moyens logistiques et de multiplicateurs de force essentiels pour mener des opérations efficaces, selon l'organe de presse de l'AMISOM.

"Pour aller de l'avant, il est essentiel que la communauté internationale ait une perspective plus large en Somalie, afin que les acquis obtenus ces dernières années grâce à d'énormes efforts et au prix de grands sacrifices de l'AMISOM et de l'armée nationale somalienne (SNA) ne restent pas vains", a souligné M. Kutesa.

Il a insisté sur le fait que le retrait de l'AMISOM devait être synchronisé avec le renforcement correspondant des forces de sécurité nationales somaliennes pour s'assurer qu'il n'y ait pas de vide après le départ des troupes de l'UA.

L'année dernière, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une résolution autorisant la réduction des troupes de l'AMISOM et le transfert des responsabilités sécuritaires aux forces de sécurité nationales de la Somalie.

Dans son discours à la réunion d'avant le sommet, le commissaire pour la Paix et la Sécurité de l'UA, Smail Chergui, a préconisé une aide internationale accrue et coordonnée des activités d'aide qui soutiennent le plan de transition pour permettre aux forces de sécurité somaliennes de reprendre la responsabilité de la sécurité dans leur pays.

M. Chergui a rendu hommage au personnel qui a perdu la vie en service en Somalie et a remercié les chefs d'Etat des CCT pour leur défense de l'esprit du panafricanisme.

Il a noté que la Somalie était sur une trajectoire positive, en soulignant que les acquis politiques de l'année dernière étaient importants pour la stratégie de repli de l'AMISOM et le transfert des responsabilités de sécurité aux forces nationales somaliennes.

Le responsable de l'UA a évoqué certaines des avancées positives en Somalie, parmi elles, l'adoption de l'Architecture de sécurité nationale, qui fournit un cadre pour la reconstruction des forces nationales de sécurité somaliennes, la feuille de route pour une politique inclusive et le processus de révision de la Constitution et un nouveau modèle électoral "une personne, une voix" pour les élections de 2020.

La stabilité politique en Somalie, a noté M. Chergui, a permis de commencer l'élaboration d'un Plan de transition pour la Somalie, avec un noyau central mis en place pour rédiger un avant-projet de transition avant la fin du mois de mars de cette année.

Ce Plan, a-t-il expliqué, va servir de composante essentielle du propre plan de transition de l'AMISOM, dont la révision de son Concept des opérations et le renforcement de l'efficacité opérationnelle de l'AMISOM.

"Le principal objectif de l'Union africaine dans la période à venir sera d'appuyer les progrès de cette feuille de route, de maintenir des contacts constructifs entre le Gouvernement fédéral de la Somalie et les Etats membres fédéraux et la mise en œuvre complète du Plan de transition de la Somalie", a indiqué M. Chergui.

Il a fait remarquer que la prédominance de la politique pour réaliser la paix et la sécurité en Somalie nécessitait une nouvelle approche de l'UA, en ajoutant que les événements de l'année dernière ont démontré concrètement que d'autres succès en matière de sécurité  dépendent d'une progression suffisante de l'agenda politique.

La réunion de Kampala est un suivi d'un précédent sommet, organisé le 21 septembre 2017, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La réunion des CCT a été convoquée par le président ougandais, Yoweri Museveni, pour échanger sur la situation en Somalie et discuter de l'avenir de ce pays de la Corne de l'Afrique.

Des chefs d'Etat et de Gouvernement de cinq CCT doivent tenir un sommet ce vendredi pour délibérer sur les diverses propositions des chefs d'état-major et des ministres de la Défenses.
-0- PANA AR/MA/FJG/JSG/IBA 02mar2018

02 mars 2018 12:16:59




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