Les accords de paix en Centrafrique et au Mali dans la presse française

Paris, France (PANA) - Les accords de paix signés entre les différents protagonistes des crises en Centrafrique et au Mali pour trouver une issue politique aux hostilités dans ces deux pays sont traités par la presse française, très sceptique sur leur application concrète sur le terrain pour permettre la fin des violences et le retour de la paix.

"Centrafrique : signature d'un accord de fin des hostilités", titre Le Monde, qui précise que cet accord de cessation des hostilités signé mercredi 23 juillet dans la soirée par les délégués des différentes factions au Forum de Brazzaville pour la réconciliation nationale en République centrafricaine, doit prendre effet immédiatement sur l’ensemble du territoire du pays.

Cependant, le journal relativise cet accord en affirmant que les négociations de Brazzaville s'achèvent ainsi sur un accord sans que les délégués soient parvenus à fixer le cadre du désarmement et de la démobilisation des combattants des diverses milices dans le pays, ni à tracer une feuille de route pour un nouveau processus de normalisation politique.

Le projet d'accord prévoit la cessation de "tous les actes de violence contre les populations civiles, le respect et la protection des droits humains",  "l'arrêt et l'abstention de toutes actions et incitations de nature à nuire aux efforts visant à faire valoir l'esprit de fraternité" et de  "concorde nationale".

"Centrafrique: signature d'un accord de cessez-le-feu", signale une manchette du journal Libération indiquant que l’accord a été signé par une quarantaine de représentants centrafricains et étrangers.

Le quotidien écrit que les deux premiers à le parapher ont été Mohamed Moussa Dhaffane, représentant de l’ex-rébellion Séléka, et Patrice-Edouard Ngaissona, coordonnateur national des milices anti-balaka.

L’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et l’imam Layama Kobine, président de la communauté islamique de Centrafrique, ont signé sous les applaudissements et les youyous de la salle, avant le président congolais Denis Sassou Nguesso.

Mais pour Libération, le "Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique" n’est pas parvenu à atteindre les objectifs les plus ambitieux qui lui avaient été assignés par le groupe de contact international sur la Centrafrique (une trentaine de pays et d’organisations internationales) : un accord fixant le cadre du désarmement et de la démobilisation des combattants des diverses milices dans le pays, et l’établissement d’une feuille de route pour un nouveau processus de normalisation politique.

"Il fallait bien commencer par la cessation des hostilités. Le plus long voyage commence par le premier pas [...] Brazzaville constitue ce premier pas avant un dialogue national et un "forum de réconciliation nationale qui clôturera formellement le processus que nous venons d’engager", a déclaré le président congolais M. Sassou Nguesso, hôte de la rencontre, a l’issue de la cérémonie, cité par Libération.

"Signature d’un cessez-le-feu fragile pour la Centrafrique", titre La Croix pour qui les divisions internes au sein de la Séléka et le manque de centralisation du mouvement des anti-balaka font cependant craindre un rapide essoufflement de l’accord.

Le journal cite Thierry Vircoulon, directeur du programme Afrique centrale du groupe de réflexion International Crisis Group, qui explique que l’accord "repose sur des bases extrêmement ténues" puisque "il n’y a pas vraiment eu de dialogue pendant ces trois jours entre la Séléka et les autres participants" et que "se pose encore la question de la représentativité des uns et des autres".

Dans une rétrospective, La Croix écrit que depuis le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la Séléka, la Centrafrique, ancienne colonie française, riche en diamants et en uranium, est plongée dans le chaos. Le pays compte des centaines de milliers de déplacés et, depuis décembre, les combattants de la Séléka et les milices anti-balaka s’affrontent dans un cycle d’attaques et de représailles qui a fait des milliers de morts, principalement des civils.

Concernant l’accord au Mali, dans son article intitulé "Mali : signature de la fin des hostilités", Le Figaro indique que le gouvernement du Mali et six groupes armés ont signé aujourd'hui à Alger un document sur la "cessation des hostilités" dans le cadre de négociations de paix dans ce pays du Sahel.

Le quotidien souligne également que les deux parties ont aussi signé une "feuille de route" ayant pour objet "la mise en place d'un cadre pour des négociations de paix pour permettre l'émergence d'une solution globale et négociée".

Les groupes signataires sont le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), le Mouvement arabe de l'Azawad-dissident (MAA-dissident), la Coordination pour le peuple de l'Azawad (CPA) et la Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).

L’Humanité titre "Mali : Difficiles négociations à Alger entre Bamako et les groupes armés du nord ", en précisant que cette rencontre, entamée le 16 juillet, dans la capitale algérienne Alger, n’est qu’une phase initiale, car les négociations en tant que telles pourraient débuter à la mi-août, pour aboutir cent jours plus tard, à la mi-octobre.

Le journal informe que séparatistes touareg du MNLA, islamistes du HCUA et Arabes du MAA posent, comme conditions à l’ouverture de ces négociations de paix, la libération de leurs prisonniers et l’exclusion des groupes n’ayant pas pris les armes, que le gouvernement malien souhaite au contraire intégrer à un dialogue "inclusif " élargi à toutes les composantes sociales et communautaires du nord du Mali.

"Mali : gouvernement et rebelles établissent une feuille de route", titre Le Monde qui explique que cet accord, signé jeudi 24 juillet entre le gouvernement malien et les rebelles séparatistes du nord du pays, établit une feuille de route destinée à parvenir à une paix durable après plusieurs décennies de violences, tout en dressant la liste des prochaines étapes dans les négociations qui doivent en théorie aboutir à un accord définitif.

"Les négociations d'Alger doivent reprendre le mois prochain avec la perspective d'un accord final à l'automne sur le partage du pouvoir, excluant une indépendance de la région nord du pays. Elles sont les premières à rassembler l'ensemble des parties prenantes au conflit depuis celles qui avaient abouti à un accord intérimaire le 18 juin 2013 à Ouagadougou, au Burkina Faso, ayant ouvert la voie à la tenue d'élections présidentielle et législatives», écrit Le Monde.
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26 juillet 2014 11:50:09




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