Les Nations unies plaident pour un cadre de dialogue interne en Centrafrique

Paris, France (PANA) - Les dirigeants actuels de la Centrafrique doivent créer un cadre de dialogue politique pour aller vers des élections, a estimé le professeur Abdoulaye Bathily, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique centrale et chef du bureau régional onusien UNOCA, basé à Libreville, dans un entretien accordé à la PANA à Paris.

Abdoulaye Bathily, 67 ans, plusieurs fois ministre au Sénégal, notamment aux Affaires africaines (2012-2013), est chargé de sortir la Centrafrique de la crise dans laquelle est tombé le pays depuis la chute de l’ancien président François Bozizé, chassé par la coalition rebelle Séléka.

"La situation en Centrafrique est une crise de longue durée qui a connu une sédimentation du conflit sous différentes formes, conflit politique, crise sécuritaire, crise militaire. Il n’y a pas d’armée, pas de forces de sécurité, mais s’est greffée à tout cela une crise politique", a expliqué le Représentant spécial de Ban Ki Moon.

"Ce qu’il faut aujourd’hui, a-t-il ajouté, c’est créer un cadre politique favorable au dialogue interne avec l’aide de la communauté internationale pour aller vers des élections",  a-t-il estimé.

Pour lui, l’élément le plus important est la nécessité d’une feuille de route avec un chronogramme clair et un dialogue interne des acteurs centrafricains pour qu’ils s’engagent tous dans le processus de paix, de réconciliation nationale avec comme point focal des élections libres, démocratiques et transparentes pour mettre fin à la transition.

Il s'agit ainsi de stabiliser le pays pour aller à des élections.

Selon lui, les résolutions et recommandations de la réunion qui vient se tenir New York sur la Centrafrique à l’initiative de Ban Ki Moon constituent une étape importante pour la RCA et un pas vers la solution de la grave crise qui sévit dans ce pays depuis presque deux décennies.

Concernant le retard dans la mise en application de l’accord de Brazzaville signé par les protagonistes de la crise centrafricaine, M. Bathily estime qu'il est dû à la formation du gouvernement de transition.

"Au départ nous avons réussi à faire signer l’accord de cessation des hostilités. Par la suite, il y a eu un ralentissement du fait que le gouvernement actuel a tardé à se mettre en place et quand il a été mis en place, il a été contesté par une bonne partie des acteurs politiques et cela a contribué à freiner le processus de mise en œuvre de l’accord. Maintenant, nous espérons très sincèrement qu’avec ce qui s’est passé à New York, nous allons entrer dans une phase active de la mise en œuvre des accords de Brazzaville", a-t-il expliqué.

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique centrale a indiqué par ailleurs, que la participation des anciens dirigeants centrafricains comme Bozizé et Djotodia n’était pas une priorité aujourd’hui dans la mise en œuvre du programme de sortie de crise.

Abdoulaye Bathily a salué les différentes aides que les pays de la région ont apportées à la Centrafrique sur les plans diplomatique, politique et financier.

Il a par ailleurs constaté que la crise centrafricaine affectait lourdement le Tchad.

"Avec la présence des centaines de milliers de réfugiés centrafricains sur son territoire aujourd’hui, c’est un poids énorme sur les ressources tchadiennes, sur la stabilité sociale même du Tchad. Donc le Tchad est intéressé à la stabilisation de la situation en Centrafrique et nous même en tant que Nations unies, nous sommes intéressés par la participation du Tchad à la cette stabilisation", a indiqué M. Bathily.

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique centrale a rappelé que son mandat était à la fois politique avec les bons offices, la diplomatie préventive, la négociation, mais qu’il avait également pour objectif d'aider les pays de l’Afrique centrale à juguler tous les processus de menace.
-0- PANA BM/JSG/SOC 11oct2014

11 octobre 2014 11:00:11




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