Les Marocains victimes de racisme en Corse (France)

Paris- France (PANA) -- La communauté maghrébine en général et marocaine en particulier, installée dans l'île française de Corse fait l'objet d'actes violents à caractère raciste, souligne le quotidien français "Le Monde", dans sa livraison datée de ce mardi.
Selon le journal, les attentats anti-maghrébins se sont multipliés en Corse atteignant, depuis les six premiers mois de l'année 2004, la trentaine, dont une vingtaine d'attentats à l'explosif.
Ces attentats ont endommagé des magasins, des appartements et des entreprises appartenant à des Marocains ou des Français issus de l'immigration, a indiqué le journal.
A Bastia, principale ville de la Corse, des inscriptions du genre: "I Arabi fora" (les Arabes dehors) ou "Terra corsa a i Corsi!" (la terre corse aux Corses!) couvrent les murs.
Quant à l'organisation corse "Clandestini Corsi", elle a affirmé dans un communiqué : "Nous sommes en droit de ne pas accepter ce type de population et les plus réticents seront éliminés physiquement".
L'organisation a également menacé de mort "cette racaille" qui "s'enrichit sur nos terres".
En 2002, de violents incidents dirigés contre les Maghrébins par un groupe clandestin corse, "Resistenza Corsa", membre du Front pour la libération nationale de Corse-Union des Combattants, se sont déroulés à Bastia.
Sur l'île Corse qui s'étend sur 8.
722 km2, vivent environ 26.
000 Maghrébins (sur une population totale de 260.
000 habitants) dont une majorité de Marocains "des gens bien intégrés, des travailleurs qui n'ont rien à voir avec la drogue".
Face à la montée de la xénophobie dans cette partie de la France, les partis politiques généralement très prompts à agir, surtout contre les actes qui touchent la communauté juive, sont étrangement silencieux.
Déjà le 10 juillet, les affirmations d'une jeune femme française, accompagnée de son bébé dans une poussette, qui s'est dit victime d'un acte antisémite à cause d'une agression dans un train par six hommes de banlieues (quatre Maghrébins et deux Africains) avaient fait réagir jusqu'au président de la République Jacques Chirac, qui a exprimé "son effroi" alors que le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin qualifiait l'acte "d'ignoble".
Puis la classe politique française, sans exception, l'ensemble des associations, dont certaines ont qualifié les jeunes des banlieues de "nazillons", sans oublier la presse, ont stigmatisé sans retenue, les résidents des banlieues dont la plupart sont des Arabes, des Africains majoritairement de confession musulmane.
L'affaire s'étant avérée finalement un mensonge, aucun homme politique français, ni aucune association n'a pourtant jugé utile par la suite, de présenter des excuses à la communauté injustement accusée

27 juillet 2004 16:50:00




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