Les Maliens rendent un hommage appuyé à Nelson Mandela

Bamako, Mali (PANA) - Le président malien, Ibrahim Boubacar Kéita, a décrété un deuil national de trois jours au Mali à compter du vendredi 6 décembre, suite au décès de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela.

Pendant ces trois jours, les drapeaux seront mis en berne sur toute l’étendue du territoire malien.

L’annonce jeudi soir de la mort de Nelson Mandela a été vivement ressentie par les Maliens de tous bords qui, à l’unanimité, lui ont rendu un hommage appuyé.

"Avec la mort de Nelson Mandela, c’est un grand baobab qui vient de s’affaisser", a déclaré, ému, le président de l'Association de historiens d'Afrique, le Pr Doulaye Konaté.

Plus qu’une icône pour l’Afrique, Mandela est un patrimoine de l’humanité, a  dit M. Konaté de l’ancien président sud-africain qui a purgé 27 ans de prison dans les geôles sud africaines à un moment où le noir était considéré comme un sous-homme, victime de l’apartheid.

Homme au destin universel, Mandela est l'artisan de l'unité de son pays, selon le journaliste-politologue malien Adam Thiam, qui note le problème qui se pose encore en Afrique du sud reste la redistribution des ressources dans un pays considéré comme très riche, mais où une bonne majorité vit dans la précarité.

Pour Gaoussou Drabo, journaliste, diplomate et ancien ministre malien de la Communication, Nelson Mandela a posé des actes majeurs en Afrique du Sud, notamment l’instauration de l’unité, de l’égalité entre les races et la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation qui a sans doute permis aux uns et aux autres de se pardonner et d’évoluer sur une nouvelle base.

Selon lui, Mandela était un homme simple, "une qualité qui lui a permis de résoudre pas mal de problèmes dans un pays qui sortait à peine de la violence".

"Avec sa mort, c’est le dernier grand homme politique africain qui s’en est allé, laissant derrière lui le respect et l’affection unanimes du monde entier", souligne-t-il.

"Les dirigeants africains sont-ils capables d’incarner les valeurs léguées par Mandela" ? s'interroge pour sa part Mme Sy Kadiatou Sow, politicienne, ancienne ministre des Affaires étrangères du Mali, qui a assisté, en 1994, à l’investiture du président Mandela.

Elle souhaite que les hommes politiques s’inspirent du courage dont a fait preuve Mandéla durant toute sa vie, de sa quête permanente de l’unité, de la renaissance de l’Afrique et du respect.

Pour elle, le combat mené par Mandela doit être poursuivi par les générations futures qui devront s’inspirer dans son œuvre, source d’espoir.

Selon elle, Mandela a préparé sa relève en posant des actes significatifs.

"Le jour de son investiture, témoigne-t-elle, nous avons vu des enfants noirs, blancs, métis et indiens, côte à côte, formant ensemble une haie d’honneur pour accueillir les invités. C’était un acte plein de symbole, un symbole fort et  certains n’ont pas pu retenir leurs larmes. C’était le symbole d’une Afrique du Sud réconciliée où désormais Noirs, Blancs, Métis et Indiens pourront vivre ensemble".

"La mort de Mandéla nous a profondément ébranlés. Nous avons perdu un homme irremplaçable, un monument pour l’Afrique et pour le monde, il était l’homme de l’unité qui a pleinement joué son rôle au cours de son existence",  souligne Mamadou Fomba, étudiant.

Pour Mohamed Sidibé, fonctionnaire, Mandela était un démocrate, il n’a jamais voulu s’accrocher au pouvoir comme le font beaucoup de nos dirigeants.
"Après un mandat, il a quitté le pouvoir de son plein gré, rappelle M. Sidibé, qui invite les Africains à suivre la voie tracée par Mandela.

"Moi, je ne connaissais pas Mandela, mais mes parents m’ont beaucoup parlé de lui. Il a fait des choses énormes. J’invite tout le monde à prier pour que Dieu lui accorde son paradis", dit Fatoumata Kanté, restauratrice de 22 ans.

Pour Harouna Traoré, ouvrier de 45 ans, "Mandela est l’homme du pardon, il mérite d’être salué. Tout le monde doit lui être reconnaissant".

-0- PANA GT/JSG/SOC 7dec2013
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07 décembre 2013 13:00:08




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