Les Etats membres de la Cedeao adoptent la Déclaration sur l'éradication de l'apatridie

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - A la suite des consultations de haut niveau des 23 et 24 février, les Etats membres de la Cedeao ont adopté mercredi une déclaration sur la prévention, la réduction et l'élimination de l'apatridie en Afrique de l'Ouest à une Conférence ministérielle conjointe Cedeao/Hcr accueillie par le gouvernement de la Côte d'Ivoire.

Au moins 750 mille personnes sont apatrides ou en risque de l'être dans la région et à ce titre, sont souvent soumises à la vie dans les limbes, avec un accès limité à l'éducation, à la santé et à l'emploi. Elles sont également vulnérables à la discrimination et aux abus car elles n'ont aucune existence juridique et ne sont pas comptabilisées au vu de la loi.

Selon la Commission de la Cedeao, l'adoption de la Déclaration est venue au moment où le président ivoirien, Alassane Ouattara, le Haut commissaire du Hcr, António Guterres et le vice-président de la Commission de la Cedeao, Toga Mcintosh Gayewea, ont ouvert la Conférence ministérielle sur l'apatridie en Afrique de l'Ouest, la première du genre en Afrique.

"Je suis convaincu que seule une coopération vraie réduira considérablement l'apatridie dans nos pays. Ensemble, nous pouvons trouver des solutions inspirées par les traités internationaux pour mettre fin à cette situation en 10 ans", a déclaré le président Ouattara à la Conférence.

Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest, Dr Mohamed Ibn Chambas, ainsi que le commissaire aux Affaires politiques de l'Union africaine, Dr Aisha Abdullahi, ont également prononcé chacun une allocution.

La Conférence réunit les ministres de la Justice, de l'Intérieur et des Affaires étrangères des 15 pays membres de la Cedeao ou leurs représentants dont les portefeuilles couvrent les questions de nationalité.

«Avoir une nationalité est quelque chose que la plupart des gens tiennent pour acquis - mais ceux qui n'en ont pas, ou qui ne peuvent pas la prouver, ce manque souvent les condamne à une vie de discrimination, de frustration et de désespoir", a déclaré M. Guterres

Les représentants des organisations internationales, dont l'Union africaine et la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples, étaient également présents ainsi que des agences des Nations unies, l'Organisation internationale pour les migrations, les représentants de la Société civile, les institutions nationales des droits de l'Homme, des universitaires et des experts internationaux.

"L'apatridie est une question qui porte non seulement sur ​​l'humanité et la dignité de milliers de nos populations, mais aussi sur la paix et la sécurité de la région», a déclaré M. Guterres

La Déclaration contient 25 engagements et souligne en particulier la nécessité pour les Etats de la région de la Cedeao à obtenir d'abord des informations concrètes sur les causes de l'apatridie et le nombre, ainsi que le profil des personnes apatrides dans la région.

Elle souligne également que chaque enfant devrait acquérir une nationalité à la naissance et que tous les enfants trouvés doivent être considérés comme des ressortissants de l'Etat dans lequel ils se trouvent. Elle met également l'accent sur ​​la nécessité de veiller à ce que les hommes et les femmes aient les mêmes droits d'acquérir, modifier et conserver leur nationalité et de conférer la nationalité à leurs enfants.

Le texte souligne également l'importance de la protection des apatrides, en rétablissant leur dignité et en particulier, en leur fournissant une identité juridique et de la documentation.

Elle invite les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à adhérer, dès que possible, à la Convention de 1954 relative au statut des apatrides et à la Convention de 1961 sur la réduction des cas d'apatridie.
-0- PANA SEG/MTA/BEH/IBA     26février2015

26 février 2015 15:49:18




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