Les Botswanaises déterminées à éradiquer la violence domestique

Gaborone- Botswana (PANA) -- "Nous ne devons pas tolérer la violence dont nos soeurs sont victimes", martèle Vivian Mazunga, Coordinatrice de la Coalition des ONG féminines.
Il ne s'agit pas là d'un slogan à elle.
Il s'agit, en réalité, d'un engagement pris par l'organisation qu'elle dirige afin de mettre un terme à cette vieille pratique de la violence contre les femmes.
La Coalition est une organisation qui regroupe des organisations non gouvernementales féminines du Botswana.
Elle a pris actuellement, la tête d'une campagne nationale pour faire cesser toutes les formes de violence faites aux femmes.
Bien que le Botswana ait adhéré, en 1996, à la Convention internationale sur l'Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l'endroit des Femmes, il faut reconnaître que peu de choses ont été faites sur le terrain, au Botswana, pour donner un sens au principe de l'égalité entre les hommes et les femmes.
"Les lois qui sont en contradiction avec la Convention n'ont toujours pas été abrogées", a fait observer Mazunga.
Il en est de même de l'attitude de bon nombre d'hommes qui continuent à avoir des comportements macho et anti-féminins.
C'est ainsi par exemple, qu'un projet de loi élaboré en 1999 dans le but de lutter contre la violence domestique n'avait pas réussi à passer l'étape du Parlement, ce qui a rendu plus difficile la tâche des agents des services de police chargés de réprimer les contrevenants.
"Le gouvernement a adopté une approche prudente, notamment en ce qui concerne les lois jugées discriminatoires à l'endroit des femmes", a regretté Mazunga.
La Coalition des ONG féminines a recommandé au gouvernement d'abroger la Loi botswanaise sur le Mariage car elle comporte des dispositions qui défavorisent les femmes.
"Au lieu de l'abrogation demandée, il a été décidé de ne modifier qu'une partie de la loi, celle qui touche aux biens immeubles.
"Aujourd'hui, le mari peut décider de vendre tous les biens de la famille sans le consentement de sa femme et aucun tribunal ne pourra faire quelque chose", a affirmé Mazunga, notant que les conflits qui touchent aux biens des ménages demeurent l'une des principales causes des violences faites aux femmes.
Toutefois, elle a félicité la police botswanaise et la Direction des Affaires féminines pour les actions qu'elles ont prises pour essayer de remédier à cette situation.
"Je constate avec satisfaction qu'elles ont apporté un appui considérable à l'action des organisations féminines".
La police a ouvert des bureaux isolés pour traiter les cas de violences domestiques, en particulier les cas de viol.
La direction a également mis en place des conditions qui empêchent quiconque de faire annuler une affaire touchant à la violence domestique ou à la violence contre les femmes tant qu'elle n'aura pas été entendue par un juge.
"Il s'agit là, d'une importante victoire pour les femmes", a affirmé Mazunga.
Auparavant, ce genre d'affaires se perdait toujours en chemin, surtout lorsque les épouses étaient contraintes, suite à des intimidations, de retirer leur plainte en échange de fausses promesses d'arrangement.
Cependant, la Direction des Affaires féminines a fait beaucoup en accordant des financements aux organisations féminines, comme la Coalition des ONG féminines, bien que l'on ait encore besoin de plus d'argent pour financer de nombreux autres projets.
Selon un responsable des relations publiques du groupe féminin Emang Basadi, Peter Shikudu, les pratiques culturelles fortement ancrées dans les habitudes des populations et la dépendance économique des femmes vis-à-vis des hommes sont de très sérieux handicaps.
Shikudu a affirmé qu'il reste beaucoup à faire pour modifier le mode de pensée des populations et donner aux femmes des moyens économiques pour se prendre en charge.
"Il faut, à ce niveau, initier des efforts concertés entre les hommes et les femmes ainsi qu'entre les organisations non gouvernementales et les pouvoirs publics", a-t-il ajouté.
Les victimes de la violence domestique au Botswana disposent d'un abri où elles peuvent trouver refuge.
Cependant, cet abri est situé dans un lieu tenu secret et il n'est pas assez grand pour recueillir les nombreuses victimes de la violence, certaines d'entre elles étant d'ailleurs contraintes de séjourner longtemps dans cet abri.
Selon la Coalition des ONG féminines, il n'est pas possible de dire si les cas de violences domestiques connaissent une augmentation au Botswana, mais l'on constate que les cas signalés sont de plus en plus nombreux.
"Le fait que les femmes dénoncent les actes de violence dont elles sont victimes est déjà une victoire", affirme Mzaunga.
"Il s'agit d'une claire indication de l'efficacité des campagnes de sensibilisation organisées pour faire prendre conscience aux populations de la nécessité de combattre cette pratique".
Le 25 novembre, Journée internationale pour l'Elimination des Violences faites aux Femmes, les hommes et les femmes du Botswana marqueront l'événement en organisant diverses activités visant à promouvoir l'idée de l'égalité des genres.

24 novembre 2001 11:23:00




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