Les Béninois rendent hommage à Nelson Mandela

Cotonou, Bénin (PANA) - Les Béninois, toutes catégories confondues, ont salué la mémoire de l’ancien président sud-africain, Nelson Mandela, décédé jeudi soir à Johannesburg, à l’âge de 95 ans.

La nouvelle de la mort de cette icône de la politique africaine a été annoncée au gratin intellectuel béninois, lors d’une des soirées d’hommage organisées pour célébrer l’homme politique et ancien président béninois, Sourou Migan Apithy, qui a gouverné le Bénin de 1964 à 1965.

Sur les lieux, les participants ont suspendu l’événement pour unanimement consacrer une minute de silence à la mémoire du disparu.

Outre les hommages et témoignages rendus sur place, Nelson Mandela est devenu le sujet principal de discussion dans les maisons et les lieux publics depuis jeudi soir à Cotonou et Porto-Novo.

Tous les médias audiovisuels béninois ont fait défiler toute la nuit, l’information et les réactions à chaud de quelques personnalités.

Le sujet a fini par ravir la vedette aux dossiers de l’heure, notamment les affaires de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat et de coup d’Etat.

Les radios y consacrent depuis vendredi leurs émissions interactives.

Les télévisions, quant à elles, diffusent à longueur de journée, les clips à l’image de "Madiba", des documentaires consacrés à son parcours atypique, son combat pour la liberté, sa vie et les valeurs qu’il a incarnées.

Pour Kakpo Mahougnon, professeur d’université et membre de l’Union pour le développement et la démocratie (UPD, mouvance présidentielle), "c'est un sage que l’Afrique a perdu et qui va pendant longtemps encore marquer l‘humanité en tant que modèle et héros exemplaire. Son parcours inspire le mythe du héros".

"Au vu de son cursus, ses combats et ses idéaux, il peut être comparé à Jésus Christ, la seule différence est que Jésus est mort très jeune et Mandela à un âge avancé", poursuit ce panafricaniste.

Stanislas Houngbédji de l’Union fait la nation (UN, regroupement de partis de l’opposition) salue le parcours politique du leader dont l’idéal de construction d’un parti politique fort et de grande envergure (ANC) a inspiré la mise en place au Bénin de l’UN.

Lehady Soglo, président de la Renaissance du Bénin et fils de l’ancien président Nicéphore Soglo qui, depuis son jeune âge a fait de Nelson Mandela son idole, ne tarit pas d’éloges.

Il salue le "chantre du dialogue, de la réconciliation et qui a su réconcilier son peuple avec lui-même".

"Les politiques africains ont beaucoup à tirer de lui", souligne –t-il.

"L’icone de la lutte anti-apartheid est parti, mais il nous laisse beaucoup de leçons que notre vie entière ne suffira pas à décrypter", estime Samira Adonon, juriste dans une institution de la place.

Adjibadé Armand, de l’Union de la majorité présidentielle plurielle, invite tous les politiques africains à suivre l’exemple donné par Mandela, lorsqu’il décida de se retirer du pouvoir, alors que rien ne l’empêchait de briguer un deuxième mandat.

"Ce geste de grandeur doit être célébré et être suivi par tous ceux qui manipulent les textes pour s’accrocher au pouvoir", martèle-t-il.

Abondant dans le même sens, Serge Gangbo du Parti du renouveau démocratique (PRD, opposition) pense que "la grandeur d’un homme ne se jauge pas au nombre d’années passées au pouvoir, mais à la qualité de sa gouvernance et de son sens de sacrifice pour le plus grand nombre".

Pour lui, "Mandela sera toujours vivant dans nos cœurs".

"La semaine de deuil national décrété au Bénin sera sous le signe des  chemises Mandela", souligne  fièrement Arsène Atikou, étudiant en sociologie à l’université d’Abomey Calavi, expliquant que c’est la manière spéciale de son groupe d’étudiants de célébrer ce combattant.

Sur les campus publics et privés, plusieurs groupes d’étudiants se mobilisent pour célébrer dignement la mémoire de celui qu’ils considèrent comme "le symbole de la liberté et du patriotisme".

Convaincus qu’ils ne pourront pas faire le déplacement de l’Afrique du Sud, des groupes d’artistes et des ONG s’affairent pour rendre sur place au Bénin, un hommage mérité à l’illustre disparu.

Le gouvernement a publié vendredi soir sur la télévision du service public un communiqué décrétant une semaine de deuil national en mémoire de l’ancien président.

Depuis vendredi à minuit, les drapeaux sont en berne sur toute l’étendue du territoire national.
-0- PANA IT/JSG/SOC 07dec2013


07 décembre 2013 14:10:47




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