Les Africains se rencontrent à Dakar au bon moment, selon l'APAC

Dakar- Sénégal (PANA) -- La conférence des intellectuels africains et de leurs frères de la Diaspora qui s'est ouverte ce jeudi à Dakar intervient au moment opportun et sur fond d'intenses efforts pour donner à l'Afrique une nouvelle image face à l'économie et au développement du monde.
"L'idée est magnifique.
Une assemblée d'intellectuels offre une sorte d'échange qui peut permettre de tisser un réseau de relations qui permettra de mieux diriger le continent", a déclaré mercredi à la PANA le directeur exécutif du Comité consultatif pour la population en Afrique (APAC).
Bien que considérée comme une première, M.
Nkwi a noté que la rencontre de Dakar n'est pas sans précédent, rappelant les initiatives similaires de l'Organisation de l'Union africaine (OUA) vers les années 80, notamment la conférence des scientifiques africains tenue à Brazzaville et qui a abouti à la création de l'Union des scientifiques africains.
Il a exprimé ses craintes au sujet de la conférence de Dakar en déplorant le fait que seulement quelques centres d'excellence qui ont vu le jour à l'occasion de tels forums ont survécu.
"Je pense que cette conférence ne sera pas comme celles antérieures où on se rencontrait, discutait et se séparait.
Les autorités doivent reconnaître qu'un développement durable nécessite un grand nombre de penseurs", a déclaré Nkwi, soulignant que le continent a la capacité intellectuelle pour s'affirmer sur la scène internationale.
"L'Afrique a produit des Prix Nobel.
Ceci montre que le continent peut jouer un grand rôle pour le développement du monde, malgré la pauvreté", a-t-il martelé.
M.
Nkwi a proposé aux commissions de présenter des feuilles de route sur comment les intellectuels africains peuvent contribuer à l'élaboration de politiques de développement, relevant par ailleurs que la réussite suprême de ces efforts dépendra de la façon dont les autorités vont accueillir les critiques et proposer des alternatives.
Le patron de l'APAC a aussi déclaré qu'il s'attend à ce que les intellectuels de la Diaspora soient associés à la réflexion, tout en déplorant la mauvaise gestion et l'absence d'un environnement adéquat - notamment les sommes insignifiantes allouées à la recherche scientifique par les gouvernements - qui selon lui, sont à l'origine de l'exode des intellectuels.
"Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) a lancé un appel pour plus de fonds publics pour la science et la technologie et pour l'intégration des intellectuels dans le processus de développement, une recommandation que beaucoup de gouvernements ne prennent pas au sérieux, regrette M.
Nkwi.
"Je pense que la conférence de Dakar permettra aux leaders africains d'écouter la communauté intellectuelle sans considérer ses propos comme des critiques ou une quelconque rébellion.
Quelque 350 intellectuels en provenance de toute l'Afrique et 150 de la Diaspora sont attendus à cette conférence de trois jours.
Plusieurs chefs d'Etat, Prix Nobel et d'éminentes personnalités ont aussi honoré de leur présence la cérémonie d'ouverture.
Seront au menu des discussions, le concept de panafricanisme au 21éme siècle, la contribution des intellectuels dans l'intégration régionale, les relations entre l'Afrique et la Diaspora, l'identité africaine dans un contexte multiculturel, la place de l'Afrique sur la scène mondiale, de même que les défis et les perspectives scientifiques et technologiques.

06 octobre 2004 22:46:00




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