Les Africains menacés de "nettoyage ethnique" en Irlande du Nord

Londres- Royaume Uni (PANA) -- Les leaders des 2.
600 Africains vivant en Irlande du Nord ont appelé les autorités britanniques, qui régissent la province, à agir contre la nouvelle vague d'agressions et d'expulsions forcées auxquels cette minorité est confrontée.
Selon un article paru lundi dans le Daily Telegraph, la population noire vit sous la menace d'un "nettoyage ethnique" de la part des "voyous racistes".
Les auteurs de ces agressions appartiennent aux groupes paramilitaires loyalistes, qui soutiennent la présence britannique en Irlande du Nord.
Ces groupes étaient impliqués dans une douloureuse guerre civile avec les groupes nationalistes qui militaient pour la réunification de l'Irlande.
Le conflit religieux opposait les protestants, d'extraction britannique, aux catholiques irlandais.
Selon le Daily Telegraph, les agressions contre les minorités ont connu une hausse de plus de 90% depuis l'accord du Vendredi Saint, qui avait été signé en 1998, pour mettre un terme aux 30 années de conflit.
Par ailleurs, Dr James Uhomoibhi, un ressortissant nigérian professeur à l'Université Queen de Belfast et qui vit dans la province depuis 17 ans, a affirmé avoir constaté une augmentation considérable des agressions racistes contre les minorités ethniques depuis l'accord de 1998, rapporte le Telegraph.
"Le problème du sectarisme a été en grande partie éliminé et certains réalisent à présent qu'il y a ici des personnes appartenant à des minorités", a-t-il affirmé.
"Le racisme existait auparavant, mais il se passe tout juste que la violence liée aux Troubles (le conflit sectaire en Irlande du Nord) a disparu.
"Il convient d'éduquer les populations pour leur apprendre à accepter que le fait qu'une personne soit d'une couleur différente ne signifie pas qu'elle représente une menace", a-t-il ajouté.
Tandy, originaire de l'Afrique du Sud, fait partie des Africains qui ont souffert entre les mains des loyalistes.
Elle aurait demandé au Telegraph de ne pas révéler son nom de famille.
Elle affirme qu'on avait frappé à sa porte et que quand elle avait ouvert la porte elle s'était retrouvée en face d'un groupe d'hommes qui lui avaient crié "Fous le camp d'ici".
La femme, qui avait survécu à la violence de Soweto, a révélé qu'elle avait fui par la porte de derrière, laissant ses deux enfants âgés de 13 et 2 ans à l'étage.
Ils étaient restés tranquilles pendant que les voyous saccageaient la télévision, la cuisine, la cheminée et la nouvelle console de jeux électroniques.
"J'ai l'habitude de ce genre de choses en Afrique du Sud", a affirmé Tandy.
J'ai grandi avec le racisme mais j'en ai marre.
Je voulais respirer un air pur ici, mais j'ai rencontré le racisme.
C'est une expérience terrible", a-t-elle ajouté.
Tandy, arrivée en Irlande du Nord il y a un an pour des études de psychologie, affirme qu'elle envisage de quitter la province.
Les voyous menacent les sociétés immobilières qui louent à des Africains ou à des Chinois.
Le Telegraph affirme que l'une de ces sociétés a été menacée de voir ses locaux saccagés si elle continue de louer des logements à des minorités ethniques.
Contrairement à ce qui se passe dans les autres parties du Royaume Uni, où les minorités ethniques sont courantes, la population non blanche de l'Irlande du Nord n'est constituée que de 0,25% de Chinois et des 2.
600 Africains - sur une population totale de 1,7 million, ce qui porte le taux de la population blanche à 99,15% de ce chiffre.
La forme d'intimidation à laquelle sont aujourd'hui soumises les minorités ethniques est la marque du conflit sectaire qui a ensanglanté l'Irlande du Nord.
Les loyalistes ont aujourd'hui tourné leur attention vers les minorités ethniques.

12 janvier 2004 22:26:00




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