Les Africains invités à réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur dans la lutte contre le Sida

Brazzaville, Congo (PANA) - Le directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, a appelé jeudi à Brazzaville à la mobilisation des ressources pour réduire la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des investissements extérieurs dans la lutte contre le VIH/SIDA, soulignant que 90% de sidéens en Afrique sont traités grâce aux ressources extérieures.

«J’invite l’Afrique à la mobilisation des ressources pour réduire la dépendance du continent vis-à-vis des investissements extérieurs, car, 90% des malades du Sida sont traités en Afrique grâce aux ressources extérieures», a déclaré M. Sidibé à l’issue d’un entretien avec le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso.

«Nous avons discuté de l’agenda de l’Union africaine (UA), comment faire en sorte que cette feuille de route qui a été décidée par les chefs d’Etat africains puisse trouver un champ d’application immédiate, c’est à dire faire en sorte qu’on puisse réduire la dépendance financière de nos Etats», a-t-il ajouté.

L’entretien entre M. Sidibé et le président N'Guesso a porté sur le plaidoyer envers les dirigeants africains pour une responsabilité partagée et des solutions novatrices pour accélérer la riposte au Sida, à la tuberculose et au paludisme en Afrique.

«C’était pour moi aussi une opportunité de faire le plaidoyer pour la recherche. L’Afrique doit produire ses idées, elle doit certainement mettre un peu plus d’investissements dans le secteur de la recherche. On ne doit pas être pris en otage par la recherche fondamentale qui se fait à l’extérieur de l’Afrique», a dit M. Sidibé.

Plus de 22,5 millions de personnes sont atteintes de Sida en Afrique sub-saharienne, une partie considérée comme la plus touchée par cette pandémie dans le monde.

Par ailleurs, le directeur exécutif de l’ONUSIDA s’est réjoui du financement par le gouvernement congolais de 50% de la riposte nationale au VIH/SIDA.

«Le Congo montre déjà de façon éclatante qu’on peut aller vers une pérennisation de nos programmes en faisant en sorte que les ressources nationales soient mobilisées. 50% de la réponse congolaise est aujourd’hui financée par le budget national. On voudrait voir ce genre de mouvement un peu partout en Afrique», a-t-il affirmé.

Le taux de prévalence du VIH est passé au Congo de 4,2% en 2003 à 3,1% en 2009 grâce aux efforts entrepris par les pouvoirs publics avec l’appui des partenaires.

Le nombre de personnes vivant avec la maladie était estimé à 83.000 en 2011, dont 44% bénéficient du traitement antirétroviral.

M. Sidibé, qui a achevé une visite officielle de 48 heures au Congo, devrait se rendre à Kinshasa, la capitale de le RD Congo, où il va participer au 14ème sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui se tiendra du vendredi au samedi.

-0- PANA MB/AAS/SOC 11oct2012

11 octobre 2012 19:45:25




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