Les 1ères décisions du Sommet d'Addis favorables aux femmes

Addis Abeba- Ethiopie (PANA) -- Après la représentation paritaire au sein de la Commission, acquise au sommet de Durban en juillet 2002, les Africaines ont été les toutes premières bénéficiaires de la Conférence de l'UA à Addis Abeba, avec la décision prise ce mardi, par les chefs d'Etat, dès après la séance d'ouverture, de créer au niveau continental, un "Fonds d'affectation spéciale pour le développement de la femme africaine".
L'idée de ce fonds dont le montant n'est pas précisé, est accompagnée d'une série d'autres mesures par lesquelles les chefs d'Etat s'engagent à tout faire pour ratifier, avant fin 2004, le protocole additif à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits de la femme africaine, afin qu'il puisse entrer en vigueur dès 2005.
Le troisième sommet de l'Union africaine qui a entamé ses travaux par un débat sur le Genre, engage également les dirigeants et leaders africains à tout faire pour mettre un terme au phénomène des enfants-soldats, femmes et fillettes esclaves sexuelles, qu'on rencontre de plus en plus sur le continent, singulièrement dans les zones de conflit.
Dans cette "Déclaration d'Addis Abeba sur le genre en Afrique", adoptée ce mardi par la quarantaine de chefs d'Etat présents au Sommet, les participants se sont engagés enfin à faire rapport, périodiquement, au Comité femme de l'Union africaine siégeant auprès de la Commission, sur la situation de la femme dans leur pays respectif.
La PANA a appris de bonne source que le président Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a introduit ce thème mardi matin devant ses pairs et qui est à l'origine de l'idée de la parité devenue effective depuis le sommet de Maputo, est allé encore bien plus loin que ce projet de déclaration qui leur avait été proposé, pour approbation, par la Commission, en partenariat avec les associations africaines de femmes.
Préconisant la "discrimination positive" pour résoudre les problèmes spécifiques auxquels les femmes et jeunes d'Afrique son confrontés, le chef de l'Etat sénégalais estime que "pour émanciper une catégorie sociale, il faut commencer par lui donner des pouvoirs au sommet du processus de décision politique".
Donnant exemple de sa propre politique, il a préconisé dans cet esprit que le texte soumis pour approbation au Sommet soit enrichi par l'engagement commun de ses pairs à réserver aux femmes au moins 35 pour cent des sièges de la première législature du parlement panafricain.
En attendant de passer à la parité 50/50, dès la législature suivante.
Le président Wade a préconisé la même option stratégique, pour tous les autres organes législatifs et consultatifs, jusqu'aux niveaux régional et national.
Il a souhaité enfin, a appris la PANA, que l'engagement solennel soit pris par tous, ici à Addis Abeba, de faire en sorte que la deuxième ou à défaut, la troisième personnalité de chaque Etat, soit nécessairement du sexe opposé, dans la mesure où les femmes, si elles ne sont pas majoritaires dans nos pays, représentent au moins, numériquement, l'autre moitié des citoyens devant bénéficier de tous leurs droits.
Auparavant, le président sénégalais avait également invité la Commission, a appris la PANA, à réfléchir sur un "programme de discrimination positive en faveur des jeunes" qui sont l'Afrique de demain et représentent la frange la plus importante des populations d'un continent qui est, et restera, le plus jeune du monde.
Les présidents du Botswana, du Rwanda, du Kenya, d'Afrique du Sud, de la Namibie, d'Angola et du Zimbabwe qui ont pris part au débat sur le genre, ont fait preuve, a appris la PANA, de la même disponibilité à faire jouer un rôle accru aux Africaines en général, aux femmes de leur pays en particulier, et à accorder à leurs problèmes spécifiques, une plus grande attention.
Même si tous n'ont pas la même "approche numérique" telle que posée par leur homologue sénégalais, d'autres privilégiant, à l'image du Botswana, des actions incitatrices sur les mécanismes de création et de redistribution des richesses, un consensus s'est très vite forgé avec, pour base minimale, les dispositions de la déclaration soumise à leur approbation.
"A la lumière de ce que chacun a dit avoir fait ou être en train de faire dans son pays et à en juger par les engagements entendus aujourd'hui, il ne fait aucun doute que ce sommet a bien et très bien commencé pour nous, a reconnu, au terme de cette première séance co-présidée par Mme Gertrude Mongella présidente du parlement panafricain, Mme Bineta Diop, du secrétariat exécutif de l'ONG Femme Afrique Solidarité et porte parole pendant les débats, de toutes ses soeurs d'Afrique.

06 july 2004 16:55:00




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