Le volet politique au menu des pourparlers sur le Darfour

N'Djamena- Tchad (PANA) -- Les pourparlers inter soudanais sur le Darfour, qui ont repris formellement mardi soir à N'Djamena, au Tchad, en présence des seuls médiateurs tchadiens, se focaliseront sur le volet politique après un rapide examen des conditions d'application du cessez-le-feu humanitaire du 8 avril dernier.
Le ministre tchadien des Affaires étrangères et de l'Intégration africaine, Nagoum Yamassoum, en ouvrant la seconde phase de ces négociations, a annoncé que les parties vont négocier "le règlement définitif de leur conflit et discuter des solutions pour un règlement global".
La médiation tchadienne n'avait pas pu concilier, en décembre dernier, les vues des rebelles et du gouvernement soudanais.
Elle avait notamment butté sur les revendications jugées inacceptables des rebelles du Mouvement pour la libération du Soudan (MLS), le seul groupe rebelle à négocier alors avec Khartoum.
Mardi soir, la délégation gouvernementale soudanaise a exprimé sa disponibilité à discuter franchement des problèmes du Darfour.
Selon les observateurs, il n'est exclu que les deux groupes rebelles restent sur leurs exigences antérieures ou ajoutent d'autres pour prendre en compte celles du Mouvement pour l'égalité et la justice (MJE).
L'autonomie du Darfour, le partage des revenus pétroliers dont une part de près 13% pour cette région sont, entre autres, les deux points essentiels des exigences posées par le MLS en décembre 2003.
Avant de discuter des questions politiques lors de ce deuxième round, les belligérants devront communiquer les noms de leurs représentants pour la Commission de surveillance du cessez-le-feu humanitaire signé le 8 avril dernier au terme du premier round.
Il s'agit notamment de clarifier les conditions de son application sur le terrain pour s'assurer que les populations jouissent de l'accès aux secours humanitaires et de la sécurité.
Le ministre Yamassoum a indiqué qu'il y a un mieux sur le terrain, mais les rebelles dénoncent la violation du cessez-le- feu.
Un porte-parole rebelle a fait état de l'attaque et de l'incendie, lundi, d'une dizaine de villages du Darfour par les Djandjawids, milices arabes, qui ont fait 35 tués.
"La situation humanitaire au Darfour est des plus dégradées, les vivres et les médicaments n'y arrivent pas", a-t-il précisé avant de signaler des cas d'intoxication de réfugiées ou déplacées par des aliments fournis par le gouvernement soudanais.
Une délégation de l'Union africaine (UA) est attendue à N'Djamena pour aider la médiation tchadienne.
Le principal médiateur tchadien et porte-parole des médiateurs, Ahmed Alam-mi, conseiller aux relations internationales du président Idriss Déby, absent à la séance d'ouverture de mardi soir, se trouvait encore au siège de l'UA à Addis-Abeba, en Ethiopie.

22 avril 2004 08:17:00




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