Le train de l'UA n'est pas encore passé à la grande vitesse

Tripoli- Libye (PANA) -- Personne ne peut aujourd'hui affirmer, à l'occasion de l'ouverture des travaux du 3ème sommet de l'Union africaine (UA) que le train de l'Union africaine, mis sur les rails par l'initiateur de l'organisation panafricaine, le colonel Mouammar Kadhafi, est passé à la vitesse supérieure après avoir quitté sa gare de départ, estime-t-on dans les milieux informés à Tripoli.
Les observateurs dans la capitale libyenne estiment que ce train, "qui a fait ses premiers pas" à Durban, en Afrique du Sud en juillet 2002 après avoir agencé et relié fermement ses wagons à Syrte I (Libye) en 1999 et à Syrte II en 2001, avance encore avec lenteur et s'arrête à plusieurs stations.
Ces mêmes observateurs ajoutent que le troisième sommet de l'UA, ouvert ce mardi à Addis Abeba en présence d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement africains, prouve aussi que le train de l'Union fait encore l'objet de traction arrière malgré les efforts pour le pousser en avant.
En effet, la crise dans la province du Darfour, dans l'ouest du Soudan, les développements dans la région des Grands Lacs, notamment en République démocratique du Congo, le conflit en Côte d'Ivoire, en plus des conflits enracinés en Somalie, aux Comores et au Burundi, sans oublier le différend éthiopio-érythréen et la poursuite des tensions au Liberia et en Sierra-Leone, prévalent encore sur l'agenda du sommet et entravent en conséquence le lancement effectif des programmes de développement social et économique à travers l'Afrique.
Le guide de la révolution libyenne, le colonel Mouammar Kadhafi, avait, lors d'une interview accordée le 17 juin dernier à l'agence de presse libyenne JANA et à l'Agence panafricaine d'information, PANA, indiqué que le train de l'UA a été mis sur les rails et qu'il a commencé à rouler et n'a plus besoin qu'on le pousse.
"Mon rôle était de mettre le train sur les rails et de l'assister jusqu'à ce qu'il bouge.
J'étais au milieu des gens en Afrique et j'ai posé le train sur les rails et je suis confiant quant à la marche de l'UA", avait-il notamment indiqué.
Le continent africain a cependant vu les choses autrement.
Conscients que l'initiateur de l'UA représente la force catalysatrice du mouvement du train africain, les dirigeants du continent se sont succédés à Tripoli pour souligner au guide libyen l'importance cruciale de sa participation aux travaux du sommet de la capitale éthiopienne.
Plusieurs citoyens africains interrogés par la PANA à Tripoli affirment que le continent africain a encore besoin des efforts du colonel Mouammar Kadhafi aujourd'hui plus que jamais pour éliminer les forces de traction arrière qui bloquent l'élan du train africain, précisant que les facteurs de blocage sont nombreux et ne doivent pas être négligés.
Moussa Ouedraogo, un jeune Malien de 38 ans travaillant dans une société étrangère basée à Tripoli, estime que les conflits qui secouent encore certaines régions dans le continent ne permettent pas le départ et le lancement véritable du train de l'Union africaine.
Il juge ainsi très important la poursuite des efforts du colonel Mouammar Kadhafi aux côtés de ses pairs africains.
Youssouf Omar Basson, 21 ans, étudiant nigérien à la faculté de l'Appel islamique à Tripoli, affirme, quant à lui, que le rôle du colonel Mouammar Kadhafi dans la progression de l'UA est la garantie pour l'unité du continent.
De son côté, un diplomate africain en poste à Tripoli, qui a requis l'annonymat, a regretté l'absence du colonel Mouammar Kadhafi du sommet d'Addis Abeba, tout en gardant grand l'espoir de voir le leader libyen prendre, même au dernier moment, la destination de la capitale éthiopienne pour permettre au troisième sommet de l'UA de sortir avec des résultats à la hauteur des défis auxquels fait face le continent.
Le diplomate note qu'il incombe aux leaders africains de pousser le train africain et d'appuyer sa force motrice.
"Ils doivent éviter tous les labyrinthes qui ont entravé l'action de l'ancienne organisation continentale durant de longues décennies", a t-il encore dit, ajoutant que le guide libyen a extirpé l'organisation continentale de cette léthargie pour la placer dans le grand espace africain.
Certains observateurs dans la capitale libyenne estiment que la non-participation du colonel Kadhafi au sommet d'Addis Abeba peut soulever plusieurs interrogations dont la lenteur d'exécution des précédentes décisions et la poursuite des affrontements et conflits afro-africains, des interrogations que l'Afrique est appelée à déchiffrer sans trop de retard.
Ils ajoutent que le train de l'UA a bel et bien démarré, mais qu'il incombe à tous les décideurs de réaliser que cette machine ne s'arrêtera plus jamais.
Les mêmes observateurs demandent aussi à ceux qui exercent la traction arrière d'arrêter leur jeu et de prendre conscience qu'il est encore temps de prendre place dans l'un de ses wagons avant que le train ne passe à sa grande vitesse, tractant les wagons de la construction, du progrès et du développement social, ainsi que l'éradication de la pauvreté, des maladies, de la famine et de l'arriérisme.

06 juillet 2004 14:30:00




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