Agence Panafricaine d'information

Le temps presse pour le Soudan de résoudre la crise politique, avertit le chef de la mission de l'ONU

New York, États-Unis (PANA) - Le temps est compté pour que le Soudan parvienne à une solution à sa crise politique prolongée, a déclaré, mardi, le représentant spécial pour le pays au Conseil de sécurité, avertissant que si l'impasse n'est pas surmontée de toute urgence, les conséquences se feront sentir au-delà des frontières nationales, touchant toute une génération.

 

"La crise à laquelle le Soudan est confronté est entièrement d'origine interne et ne peut être résolue que par les Soudanais", a déclaré aux membres du Conseil Volker Pethes, qui est également chef de la Mission intégrée des Nations unies pour l'assistance à la transition au Soudan (UNITMAS). 

 

Les envoyés du mécanisme trilatéral facilitant les pourparlers intra-soudanais - les Nations unies, l'Union africaine et l'organisme régional, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) - ont souligné qu'il appartient aux Soudanais, en particulier aux autorités, de créer un environnement propice au succès de toute négociation.

 

Décrivant l'évolution de la situation depuis le mois de mars, il a indiqué que les autorités avaient libéré 86 détenus dans tout le pays, dont des responsables de haut niveau associés aux travaux du Comité de démantèlement et des militants des Comités de résistance.

 

Les violences commises par les forces de sécurité à l'encontre des manifestants semblent également avoir diminué dans l'ensemble, bien que des violations se produisent encore, selon un communiqué de l'ONU.

 

Au moins 111 personnes seraient toujours en détention à Khartoum, à Port-Soudan et ailleurs. Le 21 mai, un autre manifestant a été tué par les forces de sécurité, ce qui porte à 96 le nombre de personnes qui auraient été tuées.

 

"Si les autorités veulent instaurer la confiance, il est essentiel que les responsables des violences commises contre les manifestants aient à rendre des comptes", a-t-il souligné.

 

Un nombre croissant de partis soudanais et d'éminentes personnalités nationales ont présenté des initiatives visant à résoudre la crise politique, a-t-il ajouté, tandis que plusieurs coalitions politiques ont formé de nouvelles alliances autour de positions communes.

 

Dans ce contexte, il a déclaré que le mécanisme trilatéral a tenu des entretiens initiaux avec des éléments clés de la société et de la politique soudanaises tout au long du mois d'avril. Il s'agissait de partis et coalitions politiques, de représentants de comités de résistance, de jeunes, de militaires, de groupes armés, de chefs religieux soufis, de groupes de femmes et d'universitaires. 

 

Il a déclaré que l'objectif était de recueillir les points de vue des parties prenantes sur la substance et le format d'un processus de pourparlers dirigé et maîtrisé par le Soudan.

 

Si la quasi-totalité d'entre elles se sont montrées disposées à s'engager dans les efforts de facilitation, certaines parties prenantes clés continuent de refuser les pourparlers en face à face avec d'autres homologues ou préfèrent y participer indirectement.

 

"L'établissement d'une compréhension commune de ces questions contribuera à tracer la voie de la sortie de crise et à combler le vide institutionnel consécutif au coup d'État", a-t-il déclaré.

 

Sur le plan de la sécurité, il a déclaré que les récents événements survenus au Darfour occidental, notamment les destructions et les déplacements à Kerenik et les violences à Geneina entre le 22 et le 26 avril, ont à nouveau mis en évidence les déficits dans la capacité de l'État à assurer la sécurité et la protection des civils.

 

La Commission permanente du cessez-le-feu, présidée par l'UNITAMS, a lancé une enquête sur les éventuelles violations du cessez-le-feu, suite au dépôt de plaintes officielles par les parties.

 

"Le risque d'une nouvelle flambée de violence reste élevé", a-t-il averti. En fin de compte, la protection des civils exige que l'on s'attaque aux causes du conflit, notamment aux problèmes de marginalisation qui perdurent depuis des décennies, aux questions foncières et au retour des personnes déplacées et des réfugiés.

 

En attendant, la protection physique doit être une priorité pour les autorités soudanaises et pour les gouvernements locaux/étatiques du Darfour.

-0- PANA MA/BAI/IS 25mai2022