Le sommet de l'UA sur le VIH, la tuberculose et le paludisme s'ouvre sur fond de « promesse non tenue »

Abuja, Nigeria (PANA) – Le sommet spécial des Etats membres de l'Union africaine sur le VIH, la tuberculose et le paludisme ouvert ce lundi à Abuja (Nigeria) devra, pendant deux jours,  examiner le rapport « Traitement 2015 » lancé par ONUSIDA dans la capitale nigériane et  déterminer les facteurs qui sous-tendent le poids persistant du VIH, de la tuberculose et du paludisme sur le continent africain.

Le sommet, qui se déroule en présence de la présidente de la Commission de l'Union africaine, Dr Nkosazana Dlamini-Zuma, ainsi que des chefs d'Etat du Nigeria, Goodluck Ebele Jonathan et du Premier ministre éthiopien, également président en exercice de l'Union africaine, Hailemariam Desalegn, débattra essentiellement de l'état de financement de la santé sur le continent.

C'est également le moment pour les leaders africains de faire le point sur la participation de leurs Etats à l'investissement en faveur de la santé sur le continent, douze ans après le sommet 2001 d'Abuja où les chefs d'Etat africains avaient promis d'attribuer 15% de leur budget national au profit de la santé.

Les travaux du sommet spécial d'Abuja prévoient d'examiner les recommandations issues des travaux des Experts et du Comité des représentants permanents de l'Union africaine, basées sur le rapport « Traitement 2015 » présenté par ONUSIDA, il y a deux jours, dans la capitale du Nigeria.

Selon le pilier 2 de ce rapport,  « atteindre l’objectif de 15 millions de personnes sous thérapie antirétrovirale d’ici 2015 nécessitera des investissements financiers  considérables, non seulement pour acheter les produits nécessaires, mais aussi pour renforcer les systèmes communautaires et sanitaires », alors que les investissements  internationaux en faveur des programmes de lutte contre le VIH stagnent depuis 2008.

Face à  la faiblesse de la participation africaine à l'investissement en faveur de la santé, la volonté politique des leaders africains sera également sollicitée au cours de ce sommet, pour exprimer la position du continent par rapport à la nécessité de placer la santé au coeur des préoccupations de développement, dans la perspective du plan d'action Post-2015.

En 2011, pour la première fois, les dépenses nationales liées au VIH ont représenté une part majeure des dépenses liées au VIH des pays à revenu faible et moyen dans le monde, les dépenses nationales du secteur privé et public en faveur du VIH ayant plus que doublé entre 2005 et 2011.

Bien que ces dépenses nationales en faveur du VIH/SIDA aient enregistré des avancées majeures, d’importants progrès restent à réaliser, au regard de l'évaluation faite d'une manière générale par le rapport de ONUSIDA.

En effet, seuls six pays en Afrique ont atteint la cible adoptée dans la Déclaration d’Abuja, soit l’allocation de 15 % des dépenses nationales du secteur public à la santé; sur les 33 pays d’Afrique subsaharienne, 26 reçoivent plus de la moitié de leur financement de sources internationales pour lutter contre le VIH, tandis que 19 de ces derniers dépendent de
sources extérieures pour au moins 75 % de leurs dépenses liées au VIH.

Aussi le rapport constate-t-il que le soutien national  en faveur des programmes sur le VIH destinés aux populations-clé est particulièrement  faible, les sources ayant contribué à plus de 90 % de ces dépenses pour la  période 2010-2011, venant de l'extérieur.

A cet égard, le rapport estime qu'un investissement important  et soutenu sera  nécessaire pour parvenir à un  investissement mondial annuel de  22-24 milliards de dollars US dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, atteindre l’objectif de  15 millions de personnes sous traitement du  VIH d’ici à 2015 et progresser rapidement vers l’accès universel.

« Les pays doivent augmenter leurs investissements nationaux en rapport avec leur situation économique ; au fur et à mesure de la  croissance économique, les "dollars de  croissance" devraient être rapidement  convertis en  "dollars de santé" , recommande le rapport qui précise que les  donateurs internationaux devront compléter les déficits d’investissements en apportant un soutien continu aux programmes bilatéraux essentiels et un financement adéquat au Fonds mondial pour la lutte contre le SIDA, la  tuberculose et le paludisme, ainsi qu'à UNITAID.
-0- PANA SSB/IBA  15juillet2013

  

15 juillet 2013 13:57:47




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