Le sommet de l'UA invité "à instaurer une paix durable" sur le continent

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Alors que les dirigeants africains convergent vers Addis Abeba, la capitale éthiopienne, pour assister ce week-end à la 20ème réunion ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA), les organisations de la société civile (CSO) présentes sur place ont fait part de leur volonté de voir le 50ème anniversaire de l'organisation panafricaine marquer par des actions décisives l'instauration d'une paix durable sur le continent.

En outre, les CSO veulent que des initiatives inédites soient prises en faveur du développement durable et pour redonner espoir à la population africaine.

"Alors que des dizaines de milliers de personnes dans l'Est de la RD Congo vivent dans la terreur et dans des conditions extrêmement difficiles, et que plus de 300 000 Maliens sont déplacés à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays, les noces d'or de l'UA doivent offrir l'occasion d'attirer de nouveau l'attention des gouvernements sur les problèmes urgents du continent", ont estimé les CSO dans un communiqué rendu public ce samedi dans la capitale éthiopienne.

Pour Abdul Aziz Ag Alwali de Tassaght, une ONG locale à Gao, dans le nord du Mali, alors que l'offensive contre les islamistes va libérer les territoires occupés depuis neuf mois par des groupes armés dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, "nous savons que dans deux ou trois semaines les denrées alimentaires vont s'épuiser à Gao, en particulier".

D'après Alwali, la situation a été aggravée par la fermeture des frontières avec les pays voisins.

"L'UA doit prendre l'initiative de créer un accès illimité à toutes les personnes ayant besoin d'aide au Mali. La population innocente est prise en otage dans cette guerre et souffre inutilement", a-t-il déploré.

Les principales CSO présentes à Addis-Abeba ont plaidé en faveur du respect du droit humanitaire international au Mali et en RDC, car ce n'est pas le choix des parties impliquées dans le conflit dans ces deux pays, mais une obligation en vertu du droit international.

Pour Emmanuel Kabenguele de RRSSJ basé en RDC, un réseau préconisant la réforme de la justice et de la sécurité, "l'ampleur du désastre humanitaire dans l'Est de la RDC n'est pas encore bien connue".

"Près d'un million de personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu, et aujourd'hui encore, certaines d'entre elles se réveilleront sans savoir si elles vont dormir au même endroit cette nuit. C'est une situation terrible et inacceptable", a-t-il souligné.

"Ces crises ne sont pas les seuls défis de l'UA", a ajouté Mme Osai Ojigho de Solidarity for African Women Rights (SOAWR).

"Les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population du continent, se battent encore pour avoir accès à des droits égaux. C'est une illusion d'essayer de trouver des solutions aux conflits sans prendre en compte les points de vue des femmes", a-t-elle indiqué.

"C'est encore une illusion de viser le développement durable en Afrique sans les voix des femmes, qui doivent prendre activement part à ce processus. Avec une femme comme présidente de la Commission de l'UA, nous espérons voir un changement positif pour tout cela, car c'est une lutte que les femmes mènent depuis près d'un demi siècle", a ajouté Mme Ojigho.

The State of the Union Coalition (SOTU), pour sa part, croit que les crises au Mali et en RDC auraient été évitées si les gouvernements africains avaient appliqué les décisions clés prises au niveau de l'UA.
-0- PANA AR/SEG/NFB/JSG/SOC 26jan2013

26 janvier 2013 12:38:31




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