Le scénario de la double attaque de Ouagadougou (Parquet)

Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) - La Procureure du Faso, Maiza Sérémé, a donné mardi lors d’un point de presse, le film de la double attaque de Ouagadougou, qui a fait 16 morts dont huit assaillants et huit soldats burkinabè.

« Le vendredi 02 mars 2018, aux environs de 10h, deux groupes armés de quatre membres chacun ont pris d’assaut l’ambassade de France au Burkina Faso et l’Etat-major général des Armées.

"Au niveau de l’ambassade de France, les premiers éléments de l’enquête ont révélé que c’est à 10 heures 01 minute 56 secondes qu’une voiture particulière de type berline de couleur gris- clair, circulant sur l’avenue de l’indépendance en direction du bâtiment de la Primature a stationné à hauteur du dernier poste de garde de l’ambassade de France. Trois des occupants de cette voiture, en tenue civile, sont immédiatement sortis armés de fusils de type Kalachnikov et ont ouvert le feu sur le poste de garde, tuant ainsi l’élément de sécurité en faction. Un quatrième occupant du véhicule dans la même tenue rejoignait les trois autres assaillants après avoir mis le feu à leur propre véhicule.

"Ils ont continué leur assaut en tirant sur les guichets et les portes du consulat de France. Dans leur progression, les assaillants ont croisé un militaire non armé qui quittait les services du consulat. Ce dernier a été mortellement atteint et succombera à ses blessures plus tard à l’hôpital Yalgado Ouédraogo.

"N’ayant pas pu accéder à l’intérieur de l’ambassade, ils ont progressé vers son côté sud où ils ont pu accéder à l’arrière-cour des locaux jouxtant l’ambassade.
"Grâce à l’intervention rapide des forces françaises et burkinabè ils ont été abattus.

"Au niveau de l’Etat-major général des Armées, l’enquête a révélé un scénario similaire ; les assaillants au nombre de quatre, sont arrivés à 10 heures 08 minutes en empruntant la rue du Travail en provenance du rond point des cinéastes ; deux assaillants en tenue civile roulaient sur un vélomoteur de couleur rouge modèle NANO ; ils précédaient les deux autres assaillants qui circulaient dans une voiture particulière de type coupée de marque Nissan Almeira de couleur verte. Parvenus au niveau de la porte arrière de l’Etat-major général des Armées, les assaillants armés de fusils de type AK47 et de grenades ont immédiatement ouvert le feu.

"Après des tirs nourris, les trois assaillants ont pu accéder à l’intérieur de l’Etat-major Général des Armées où le conducteur du véhicule bourré d’explosifs s’est fait exploser à côté d’un des bâtiments.

"Pendant ce temps, les autres assaillants ont continué l’assaut et munis de produits inflammables, ils ont incendié plusieurs engins stationnés à l’intérieur de l’Etat-major général des Armées. On dénombre malheureusement six militaires décédés.

"Les échanges de tirs que les assaillants ont entamés avec les éléments militaires rejoints par les unités spéciales de nos forces de défense et de sécurité se sont soldés par la mort des trois assaillants.

"Des constatations matérielles sur les lieux des attaques révèlent qu’aucun des assaillants ne portait une tenue militaire ; ils étaient tous en civil", a expliqué la Procureure.

Il a été relevé que les assaillants disposaient de bidons d’eau minérale contenant de l’essence et d’autres liquides dont la nature reste à déterminer, a-t-elle noté, ajoutant qu'ils
portaient tous sur le front ou avaient sur eux des bandeaux de couleur blanche sur lesquels était inscrite en arabe l’expression suivante « il n’y a de divinité que Allah et Mohamed est son Messager ».

Les assaillants des deux groupes portaient des vêtements apparemment neufs composés de chemisettes de pantalons jean, des casquettes et des blousons. A ce jour, les assaillants n’ont pas encore été identifiés.
-0-PANA NDT/BEH/SOC 06mars2018

06 mars 2018 18:36:10




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