Le salaire du président Gbagbo largement commenté à Abidjan

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Les journaux ivoiriens continuent de s'intéresser au salaire du président Laurent Gbagbo et des hautes personnalités de l'Etat.
Sous le titre : "Gbagbo touche 273 fois le SMIG ivoirien, ses ministres ont été augmentés de 130 pour cent", 'Le Patriote', quotidien du Rassemblement des Républicains (RDR, opposition), dénonce l'"augmentation vertigineuse de plus de 130 pour cent" des salaires des membres du gouvernement.
Le journal soutient qu'"un petit calcul montre clairement que le gouvernement ivoirien au grand complet coûtera à l'Etat quelque 141.
926.
410 FCFA par mois (plus de 215.
000 dollars), soit plus d'un milliard de FCFA par an (plus de 1.
537.
000 dollars) De plus, il relève que le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) en Côte d'Ivoire, étant de 35.
000 FCFA (plus de 53 dollars), le "salaire de Gbagbo vaut donc 273,7 fois le SMIG" (le salaire du président est fixé à 9.
500.
000 FCFA, soit plus de 14.
000 dollars).
Le journal écrit en outre que, selon l'éthique républicaine, "il n'est pas concevable qu'une autorité s'attribue un salaire".
"C'est pourtant ce qu'a fait Laurent Gbagbo en signant un décret pour se fixer un salaire.
Pourquoi l'Assemblée nationale n'a-t- elle pas voté une loi pour fixer la rémunération du chef de l'Etat dans le sens de l'objectivité et de la transparence comme cela sied à tout Etat de droit ?", s'interroge le journal.
'Le Jour', quotidien indépendant, écrit quant à lui, que le "salaire au sommet de l'Etat, n'est rien que la poudre aux yeux".
Le journal explique que "cette volonté du président Gbagbo de jouer à fond la carte de la transparence n'apporte pas de réponse claire aux questions que se posent les petites gens, qui se sentent oubliées par la politique" du Front populaire ivoirien (FPI, socialiste, au pouvoir).
"Avec une intelligentsia de plus en plus gourmande, persuadée qu'elle peut gagner toujours davantage tout en travaillant toujours moins, les plus sceptiques des Ivoiriens considèrent le décret fixant les conditions matérielles et financières des hautes personnalités de l'Etat comme de la poudre aux yeux", analyse le journal.
En revanche, 'Notre Voie', quotidien du FPI, ne voit pas les choses de cette façon, estimant que la publication des salaires du président de la République, des ministres et responsables des institutions ivoiriennes, marque une rupture avec l'ordre ancien et participe de la transparence et de la bonne gouvernance.
"Avec la publication de ces salaires, le peuple sait désormais ce que leur coûtent ceux qui les gouvernent.
Cela participe de la transparence qui doit caractériser la gestion des affaires publiques.
Et, cela est à mettre au compte de la bonne gouvernance", soutient le journal.
Cette annonce, poursuit le journal, "marque une véritable rupture d'avec le passé y compris le temps du passage à la primature des fameux technocrates, dont on ignore jusqu'à aujourd'hui ce qu'ils ont coûté à la Côte d'Ivoire, et qui se posent aujourd'hui en donneurs de leçon de gestion".
En titrant "Transparence dans les salaires au sommet de l'Etat", 'Fraternité Matin', quotidien pro-gouvernemental, met en exergue la "volonté" du président ivoirien de mettre fin aux suspens en respectant ce qu'il avait dit, il y a de cela moins de deux mois.
En effet, le président Gbagbo avait annoncé, en juin dernier, qu'il porterait à la connaissance des Ivoiriens les salaires du chef de l'Etat, des ministres et des présidents d'institutions.

22 juillet 2002 17:54:00




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