Le riz NERICA, un espoir pour les populations africaines

Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Le nouveau riz, ''NERICA'', est un espoir pour des milliers de personnes en Afrique, a confié à la PANA, le directeur général de l'Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'ouest (ADRAO), M.
Nwanze Kamayo.
Avec son cycle de production et de croissance plus courts que les autres variétés de riz classiques (90 jours contre 140 jours), le NERICA qui peut être produit plusieurs fois dans l'année, est une solution à la crise alimentaire que connaît le continent,a ajouté le responsable de l'ADRAO "Au moins 200.
000 hectares de terres additionnelles devraient être consacrés à la culture du riz NERICA à la 5ème année du projet, soit une production de 750.
000 tonnes par an, permettant de réduire d'environ 100 millions de dollars, la facture des importations des pays africains concernés", a déclaré M.
Kamayo .
"Une bouffée d'oxygène pour nos populations quand on sait que l'Afrique de l'ouest importe en moyenne 4 millions de tonnes de riz chaque année, soit au moins 36% du riz commercialisé dans le monde, pour un montant d'environ 1 milliard de dollars", a-t-il précisé.
Il a également indiqué qu'avec le financement de la Banque africaine de développement (BAD) et des bailleurs de fonds, une plate-forme de collaboration sera mise en place pour une meilleure diffusion du NERICA.
Le Centre de recherche de riz en Afrique a obtenu en juillet dernier un financement du Fonds africain de développement (FAD) d'un montant de 30,80 millions de dollars pour diffuser les semences du NERICA dans une dizaine de pays de l'Afrique de l'ouest.
Les résultats de cette expérience se sont avérés prometteurs.
En Guinée-Conakry, la première année d'expérimentation en 1997, a débuté avec 116 paysans.
Trois ans plus tard, "nous nous sommes retrouvés avec 20 mille paysans", a souligné le directeur de l'ADRAO, faisant remarquer que les riziculteurs guinéens arrivent à faire des bénéfices nets compris entre 65 et 145 dollars par hectare cultivé.
Pour nous la seule façon de faire adhérer les paysans à notre politique est de les impliquer dans le système de développement de ces variétés avec les critères élaborés par les paysans eux- mêmes", a expliqué M.
Kamayo.
Il a en outre ajouté que "qu'il n'y a pas de modalités particulières pour que les paysans puissent avoir accès aux semences ou aux variétés.
"L'ADRAO étant une institution qui fabrique un bien international, nous ne pouvons pas faire de restriction dans la diffusion de nos produits", a-t-il poursuivi.
En Côte d'Ivoire, l'impact de la politique de "propagande" de l'ADRAO qui devait permettre aux paysans ivoiriens de cultiver le "riz africain", n'a pas encore été évaluée.
"C'est au moment où nous nous apprêtions à faire le point global de la situation en Côte d'Ivoire que la crise a éclaté, de sorte qu'il nous est difficile de dire avec exactitude les régions du pays où la culture de ce riz est effective", a regretté pour sa part, M.
Richard Musangi, haut fonctionnaire de l'ADRAO.
M.
Musangi, a toutefois reconnu que lors de leurs déplacements dans certaines régions du pays pour une campagne de promotion du NERICA, des paysans s'étaient particulièrement montrés intéressés par le projet.
"Nous sommes quelque peu préoccupés par la situation ivoirienne parce que la destination Côte d'Ivoire était pour nous très importante, d'autant plus qu'elle abrite l'un de nos centres de recherche les plus importants", a-t-il dit.
  Le directeur général de l'ADRAO garde espoir et maintient le siège de l'organisation en Côte d'Ivoire, confrontée depuis un peu plus d'un an à une crise armée qui oppose le régime à trois mouvements rebelles qui contrôlent tout le nord, une partie du centre et de l'ouest du pays.
"Nous sommes aujourd'hui très optimistes quant à la mise en oeuvre de notre plan de retour progressif à notre siège à M'bé, localité située près de Bouaké (350 Km au nord d'Abidjan), et fief des ex-rebelles.
"Le plan de retour progressif" de l'ADRAO se fonde sur des informations recueillies par une mission récente sur le site, menée conjointement par des représentants de l'ADRAO et du ministère ivoirien de la Recherche scientifique.
"En dépit de la crise ivoirienne, les recherches du Centre du riz pour l'Afrique n'ont pas été particulièrement compromises", ont rappelé les responsables.
L'ADRAO, le Centre de riz en Afrique est une institution inter- gouvernementale créée en 1971 et qui compte 17 pays membres.

29 septembre 2003 12:34:00




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