Le retour des habitants de Tawergha, la participation de la Libye au sommet de l'UA et le taux de change du dinar à la Une de la presse

Tripoli, Libye (PANA) - Les journaux libyens se sont focalisés cette semaine sur le retour annoncé des habitants de Tawergha près de sept ans après leur déplacement forcé de leur ville dont ils en ont été chassés dans le sillage de la révolution  du 17 février 2011 mais qui a été brutalement interrompu par des groupes armés de Misrata (220 km à l'est de Tripoli), une situation qui a suscité un tollé dans les différents milieux libyens ainsi qu'une désapprobation de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (UNSMIL).

La participation de la Libye au 30ème sommet ordinaire de l'Union africaine à Addis-Abeba constituant l'un des principaux sujets qui ont dominé cette rencontre et son élection dans différentes instances de l'organisation panafricaine ont été traités par la presse libyenne qui s'est intéressée à la fluctuation du taux de change du dinar qui a rechuté après une courte période d'embellie sur le marché noir.

Le journal al-Wassat a rapporté que le retour de la communauté de Tawergha annoncé depuis décembre par le président du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, pour jeudi 1er février, a été brutalement interrompu par des hommes armés appartenant à la région militaire du Centre à Misrata et des forces alliées au Conseil présidentiel, interceptant les convois des familles déplacées de Tawergha, à l'entrée est de la ville de Syrte, les empêchant de progresser vers leur ville.

Le journal a indiqué que les hommes armés de Misrata ont stoppé la progression des familles de Tawergha au poste de contrôle dit "20" à l'est de la ville de Syrte et d'autres à l'ouest, leur demandant de rebrousser chemin.

Selon la même source, les hommes armés ont demandé au président du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj, la nécessité de payer 35 millions de dinars avant de permettre aux habitants de Tawergha de regagner bercail.

Al-Wassat s'est fait l'écho de la réaction du Conseil présidentiel qui a indiqué dans un communiqué suivre "avec préoccupation les tentatives de retour des habitants de Tawergha, dénonçant les tentatives de "certains de saborder l'accord de réconciliation entre Misrata et Tawergha.

Rapportant la réaction de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (UNSMIL), le journal a indiqué que l'UNSMIL dit "regretter profondément que des éléments extrémistes aient empêché les familles de la communauté de Tawergha de rentrer chez elles".

La Mission demande que "la raison prévale et que l'accord soit mis en œuvre afin d'assurer le retour en toute sécurité des personnes déplacées ainsi que d'indemniser financièrement les personnes affectées, comme cela a été le cas pour le gouvernement d'union nationale", a écrit le journal.

Pour sa part, le journal Afrigatenews est revenu dans ses éditions sur la participation de la Libye au 30ème sommet ordinaire de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba au cours duquel, Fayez al-Sarraj a été élu vice-président de l'UA  et le ministre des Affaires étrangère, Tahar Siala, élu vice-président du Comité ministériel de suivi.

Le journal électronique a indiqué que le sommet tenu sous le thème "Vaincre la corruption : une option durable de transformation de l’Afrique", a élu  le président du Rwanda, Paul Kagamé, en tant que président en exercice de l'Union africaine, succédant au président guinéen, Alpha Condé, tandis que les présidents de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, a été élu deuxième vice-président et du Congo, Denis Sassou Nguesso, troisième vice-président.

Afrigatenews a affirmé que le Haut-représentant de l'Union africaine (UA) en Libye, l'ancien président tanzanien, Jakaya Kikwete, a souligné que l'année 2018 sera déterminante dans l'avenir de la Libye, précisant que le dossier libyen figure toujours parmi les priorités de l'organisation continentale.

Le journal a rappelé que l'UA a recommandé aux autorités libyennes de ne pas se précipiter pour organiser des élections dans le cadre des efforts de l'ONU pour mettre fin au conflit qui divise le pays, a fin d'assurer toute les chances de leur réussite et qu'elles déboucheront sur une solution durable apportant paix et stabilité à la Libye.

Pour sa part, le journal al-Marsad s'est intéressé aux fluctuations du taux de change qu'a connu dernièrement le dinar libyen sur le marché noir, notant une amélioration de la valeur du dinar sur le marché noir s'échangeant la semaine dernière pour 4 dinars contre 1 dollar alors que le taux auparavant était entre 8 et 9 dinars pour 1 dollar.

Le taux officiel du dinar est de 1,38 dinar pour 1 dollar, rappelle-t-on.

Cette remontée spectaculaire du dinar s'explique, selon le journal, par l'allocation de 500 dollars accordée par la Banque centrale libyenne à chaque famille libyenne, ce qui implique la mise sur le marché de plus d'un milliard de dollars d'où son effet sur le taux de change sur le marché noir entraînent la dégringolade du dollar.

Selon le journal, les courtiers sur le marché noir ont voulu se débarrasser des quantités de dollars en leur possession afin d'éviter de grosses pertes étant donné les importants fonds qui seront injectés par la Banque centrale de Libye.

Toutefois, le journal a souligné que cette remontée du dinar n'aura pas duré longtemps puisque les monnaies étrangères, notamment le dollar, ont commencé  à se renchérir face au dinar, revenant à plus de 5 dinars pour 1 dollar après avoir baissé jusqu'à 3 ,84 dinars.

Al-Marsad a attribué cette remontée du dollar à des considérations de spéculations des courtiers sur le marché noir qui, selon le journal, tirent les ficelles du taux de change et l'ajustent à leur guise en fonction de leurs intérêts, affirmant toutefois, que cette situation dominera à court terme le marché avant que le taux de change au marché noir ne se fixe dans la fourchette de 3 à 4 dinars dans un avenir proche.
-0-  PANA  BY/TBM/IBA  04fév2018

04 février 2018 21:46:08




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