Le retour de Kahlifa Haftar, la persistance des violences dans le Sud -ibyen et l'enterrement des enfants morts après leur kidnapping à la Une des journaux libyens

Tripoli, Libye (PANA) - Le retour en Libye du maréchal Khakifa Haftar, chef de l'armée nationale libyenne basée dans l'Est après deux semaines de soins en France, démentant les rumeurs sur son état de santé, a servi de principal sujet aux journaux libyens cette semaine aux côtés de l'enterrement des trois enfants al-Charchari, décédés de faim et de soif après leur kidnapping, suscitant une vive émotion parmi les Libyens.

Les affrontements dans le Sud-libyen en proie à une montée de violences et la réponse suggérée par le président du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj pour contrer ce phénomène ont figuré parmi les autres sujet traités dans la presse libyenne.

Le journal "al-Wassat", s'est intéressé à l'arrivée du chef de l'armée nationale, le maréchal Khalifa Belgacem Haftar, indiquant avoir effectué un salut militaire à sa descente d'avion, bien droit descendant les marches de l'escalier, mettant ainsi fin aux rumeurs sur sa santé alimentées par ses détracteurs.

L'avion de Khalifa Haftar s'est posé à l'aéroport de Benghazi en provenance du Caire, en Egypte, a indiqué le journal, précisant qu'il a été accueilli par le chef d'état-major, le général de Division Abdelrazek Al-Nadouri et le général Abdelsalam Al-Hassi, ainsi que plusieurs autres officiers de l'armée nationale libyenne qui lui sont fidèles.

"Al-Wassat", hebdomadaire paraissant au Caire, en Egypte, a rappelé que l’absence de Haftar et surtout le flou qui avait entouré la réalité sur son état de santé, avaient jeté le trouble sur l'avenir du processus politique en Libye en raison de la place qu'il occupe sur la scène politique du pays.

Le journal a rappelé aussi que l'armée nationale libyenne est toujours en guerre contre les groupes islamistes dans l'Est qui ont tenté de porter un coup à l’armée nationale libyenne, qui les avait chassés de la ville de Benghazi, berceau de la révolution du 17 février 2011, en perpétrant un attentat à la voiture piégée contre le général de Division, Abdelrazek Al-Nadhouri, chef d’état-major de l’armée nationale libyenne.

Les troupes de Haftar préparent l’assaut contre la ville de Derna, dernier bastion des groupes islamistes dans l’Est et qui échappe au contrôle de toute autorité libyenne, a indiqué le journal.

Rapportant des extraits de l'intervention du maréchal Khalifa Haftar, le journal a indiqué qu'il a affirmé qu'il était en bonne santé, exprimant son bonheur à l'égard de la stabilité du peuple libyen sur ses principes et ses choix.

Le maréchal Haftar a remercié, selon le journal, le peuple libyen de l'Est à l'Ouest et au Sud, disant que: "ce qui le rassure, c'est sa grande confiance en notre peuple qui nous a poussé à sacrifier des soldats".

Il a souligné la nécessité d'éradiquer la Libye des groupes armés qui dérangent les citoyens, promettant que l'armée œuvrera à combler toutes les aspirations des Libyens en termes de stabilité, de prospérité et quiétude.

Pour sa part, le journal Afrigatenews a accordé une large couverture aux cérémonies funéraires dans la ville de Sorman Ouest, des trois enfants de la famille al-Charchari décédés après  leur kidnapping en 2015 par des inconnus dont certains ont avoué après leur arrestation, leur crime et montré l'endroit où ont été enterrés les enfants.

Le 2 décembre 2015, rappelle-t-on, un groupe armé à bord de plusieurs voitures a intercepté la voiture familiale d'al-Charari, un homme d'affaires, transportant les enfants qui sont Dahab 12 ans, Mohamed 8 ans et Abdelhamid 5 ans, avec leur mère vers l'école dans la ville de Sorman. Les hommes armés ont tiré des rafales de balles, blessant le conducteur et enlevé les enfants.

Le journal électronique a indiqué que des centaines de personnes ont assisté aux funérailles qui se sont déroulées dans des dispositions sécuritaires renforcées, avant de se rendre à la demeure de la famille al-Charchari pour présenter leurs condoléances, décrivant l'ambiance pleine d'émotion en raison de la portée prise par cette affaire qui a touché tous les Libyens.

Afrigatenews a également rapporté la réaction du père des trois enfants, Riadh Abdelhamid al-Charchari qui a affirmé avoir confiance en la Justice de son pays, affirmant qu'il n'est aminé d'aucun sentiment de vengeance en dépit de sa profonde douleur à l'égard de la perte d'une partie de lui même, ses enfants, tués en même temps et le même jour de faim et de soif.

Le père éploré a tenu à rassurer tous ceux qui de loin ou de près ont été impliqués dans l'enlèvement et l'assassinat de ses enfants qu'ils n'ont rien à craindre car il n'effectuera aucun acte de vengeance à leur égard.

Le journal "al-Marsad" a, de son côté, rapporté que le président du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale, Fayez Al-Sarraj, a affirmé que la solution aux problèmes du Sud libyen ne peut être atteinte que par le dialogue, soulignant que "la décision de coexister doit provenir des habitants du Sud dans leurs diverses composantes à travers un pacte social pour vivre ensemble pacifiquement, comme cela a été le cas pendant des centaines d'années".

Le bilan des combats c'est "davantage de morts et de blessés et la destruction des installations existantes qui prive le Sud de services et donne l'opportunité d'une intervention étrangère", a indiqué M. al-Sarraj repris par le journal.

Il a noté que le Comité en charge du dossier visitera les villes du sud pour reprendre le contact avec les différentes parties et travailler pour assurer les besoins  et l'accès aux services, soulignant que sera "annoncée très bientôt l'activation du Bureau du Conseil des ministres dans la région sud".

Selon le journal,  M. Al-Sarraj a indiqué que ces problèmes sont le résultat des crises accumulées, que ce soit en termes de manque de services, d'insécurité ou des tentatives de changer la composition démographique de la région.

"Le gouvernement de réconciliation nationale se tient à égale distance de tous les Libyens et soutient tout le monde", a-t-il encore indiqué, selon le journal qui souligne qu'"il n'y a pas de solution aux problèmes du Sud de la Libye autre que le dialogue".
-0- PANA BY/TBM/IBA 29avr2018

29 avril 2018 20:34:01




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