Le regain de violences à Benghazi, l'interruption du retour des habitants de Tawergha au menu des journaux libyens

Tripoli, Libye (PANA) - L'attaque à l'engin explosif qui a frappé le 9 février une mosquée à Benghazi, dans l'Est de la Libye, le deuxième en moins d'un mois ayant ciblé un lieu de culte, a suscité l'intérêt des journaux libyens qui ont poursuivi, par ailleurs, leur couverture de l'interruption brutale du périple de retour des habitants de Tawergha dans leur ville par des groupes armés, les obligeant à camper en plein désert, exposés aux conditions difficiles de la nature malgré un accord de réconciliation avec Misrata (220 km à l'est de Tripoli) et la bénédiction du Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale.

Le site du journal al-Wassat a rapporté qu'un attentat a été perpétré dans la mosquée de Saïd Ben Abou Abada située en plein centre-ville de Benghazi, tuant deux personnes et en blessant quelque 149 personnes, selon un bilan définitif annoncé par des sources du ministère de la Santé du gouvernement intérimaire basé à l'est, non reconnu par la communauté internationale.

Le même journal a indiqué que les deux explosions ont retenti au début de la Grande prière du vendredi à l'entame du sermon de l'imam, précisant que l'un des engins explosifs a été placé dans un cercueil exposé dans le hall de la mosquée utilisé pour la prière funéraire et le second a été mis dans une armoire consacrée aux chaussures des fidèles à l'entrée du lieu du culte.

"Al-Wassat" , un journal hebdomadaire libyen paraissant au Caire, en Egypte, a rappelé que c'est le deuxième attentat en moins d'un mois après celui à la double voiture piégée perpétré le 23 janvier contre une autre mosquée ayant fait plus de 37 morts et 87 blessés, rappelant les périodes sombres des exécutions avec des engins explosifs placés sous les voitures et autres attaques à l'explosif lors des affrontements entre les groupes armés islamistes qui contrôlaient la majorité de la ville et les forces armées nationales dirigées par le maréchal Khalifa Haftar.

Se faisant l'écho des réactions à ce nouvel attentat, le journal a rapporté la dénonciation sans ambages par le Parlement libyen basé à Tobrouk, dans l'Est du pays et le Conseil présidentiel du gouvernement d'union, reconnu par la communauté internationale, y voyant une tentative de porter atteinte aux efforts visant à restaurer la stabilité et la sécurité dans le pays.

Le Parlement a réitéré sa volonté de soutenir les forces armées pour parachever l'éradication du terrorisme dans le pays et ses restes à Benghazi, selon "al-Wassat" qui s'est fait l'écho de l'appel aux Libyens à s'unir pour sortir leur pays du cercle de la violence.

Le Conseil présidentiel, tout en abondant dans le même sens que l'institution législative, s'est engagé à prendre en charge les soins des blessés à l'extérieur et à l'intérieur du pays, plaidant pour une "union sacrée des Libyens pour couper l'herbe sous les pieds du terrorisme".

Au niveau international, une condamnation unanime a caractérisé les réactions des puissances et organisations internationales qui ont décrit "un acte ignoble", visant à saper les efforts de stabilisation de la Libye et du règlement de la crise politique et sécuritaire dans le pays.

La Mission d'Appui des Nations unies en Libye (UNSMIL) a rappelé, selon le journal, que le droit international sanctionne le ciblage intentionnel des civils avec l'intention de tuer en masse, rappelant la nécessité de protéger les civils.

Même son de cloche pour la France , la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Egypte, la Tunise et l'Algérie qui ont dénoncé cette violence "aveugle", invitant à la raison et au dialogue pour régler les divergences.

Autre sujet ayant retenu l'attention des journaux, la situation des habitant de Tawergha qui se sont retrouvés coincés en plein désert entre Beni Walid au sud-est de Libye et leur ville sur le chemin de retour programmé sur décision du Conseil présidentiel en Libye  mais qui a été brutalement interrompu par des groupes armés de Misrata qui ont posé des conditions bien que ce retour ait fait l'objet d'un accord de réconciliation signé entre les deux villes sous les auspices de l'UNSMIL, a indiqué le site électronique Afrigatenews.

Le journal s'est appesanti sur les conditions de vie de la communauté de Tawergha dont plus de 800 familles se sont vues obligées de s'installer dans des tentes de fortune en plein désert, voyant leur rêve de regagner leur ville brisé.

Afrigatenews a rapporté la précarité des habitants du camp installé à l'improviste sur leur itinéraire de retour, précisant que des femmes, enfants et vieillards sont exposés aux intempéries alors que l'état de santé de certaines personnes a commencé à se détériorer.

Grâce à la solidarité du fonds d'aide de Beni Walid et au soutien de l'Organisation internationale pour la migration (OIM), des tentes et autres équipement et produits alimentaires ont été fournis aux habitants de Tawergha chassés de leur ville en 2011 dans le sillage de la révolution qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi, accusés d'avoir participé aux côtés des Brigades de l'ancien régime au siège contre la ville de Misrata et d'avoir commis des crimes contre la population  de cette ville.

Le site électronique a rapporté que des réunions ont continué à se tenir au niveau des comités de suivi de la mise en œuvre de l'Accord de réconciliation entre Misrata et Tawergha et des commissions ministérielles chargées d'organiser le retour de cette communauté vers sa ville.

Toutefois, ces réunions marathoniennes n'ont débouché sur rien de concret et la situation est toujours à la case départ, les habitants de Tawergha empêchés d'avancer vers leur ville de laquelle ils ne sont séparés que par une vingtaine de km.

Le journal a rapporté les craintes de certaines personnalités de voir la communauté Tawergha installée définitivement dans l'endroit où s'est interrompu leur voyage comme une nouvelle terre d'accueil.  
-0- PANA  BY/TBM/IBA  11fev2018

11 février 2018 17:23:55




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