Le racisme sous-tend les violences en milieu rural, selon HRW

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le gouvernement sud africain ne protège pas suffisamment des violences, les résidents des zones d'agriculture commerciale accuse Human Rights Watch dans un rapport publié mercredi.
L'organisation de défense des droits humains basée à New York dit dans ce rapport que dans les "fermes noires, les résidents sont les plus gravement touchés par cette défaillance et les femmes noires sont les plus vulnérables de tous".
Le rapport intitulé "Protection inégale: la réponse de l'Etat face aux violences contre les fermes sud africaines" est publié en perspective de la conférence mondiale contre le racisme prévue du 28 août au 7 septembre à Durban, en Afrique du Sud.
Ce document est basé sur des recherches réalisées par Human rights Watch dans différentes zones rurales de l'Afrique du Sud durant l'année 2000.
Selon l'organisation de défense des droits humains, la réaction de l'Etat face aux violences perpétrées contre les propriétaires et exploitants blancs des fermes pourrait et devrait être améliorée.
Elle souligne toutefois que, les ouvriers agricoles noirs des fermes et leurs familles ont beaucoup plus de difficulté à obtenir l'aide du système judiciaire pénal.
"Les attaques contre les propriétaires de fermes ont le plus monopolisé l'attention, mais les attaques contre les résidents des fermes constituent un problème beaucoup plus grave" dit Bronwen Manby, directeur adjoint de la Division Afrique de Human Rights Watch et principal auteur de ce rapport.
"Les ouvriers agricoles et les autres habitants des zones rurales sont plus vulnérables à ces violences, y compris de la part de leurs employeurs et ils sont moins susceptibles d'obtenir l'aide de la police et des tribunaux" ajoute-t-il.
En Afrique du Sud, où la propriété foncière était réservée aux blancs dans la majeure partie du 20ème siècle, la plupart des propriétaires de fermes sont encore des blancs, tandis que les ouvriers sont majoritairement noirs.
Depuis le début des années 1990, il y a eu une augmentation nette des agressions et meurtres de propriétaires et d'exploitants de fermes commerciales et de leurs familles, indique le rapport.
En réponse aux appels des associations de fermiers en faveur d'une action contre les violences, il affirme que le gouvernement sud africain a mis sur pied un "plan de protection rurale" dans les zones d'agriculture commerciale.
Mais d'après Human Rights Watch, de nombreux ouvriers agricoles ne croient pas à l'efficacité de ce plan, ajoutant que "les représentants des forces de sécurité de l'Etat ont tendance à donner la priorité aux violences commises contre les propriétaires de fermes que celles concernant leurs employés.
"Ceci est valable même lorsque les crimes commis ont le même degré de gravité.
Les femmes soumises à des violences sexuelles sont les dernières de tous à obtenir une réponse satisfaisante du système".
Il révèle que "dans certaines zones, le renforcement des mesures de sécurité du plan de protection rurale a même accru l'insécurité pour les résidents noirs des fermes qui sont la cible de bastonnades et autres harcèlements de la part d'agents de sécurité trop zélés.
Les sociétés privées de sécurité commettent aussi des actes de violence graves".
Le rapport a mis en exergue les violences commises par des soldats de métier et réservistes de l'armée et de la police ainsi que par les compagnies privées de sécurité dans la localité de Wakkerstroom à Mpumalang et à Ixopo dans le KwaZulu-Natal.
Les membres du commando de Wakkerstroom, une unité de l'armée de réserve, sont accusés de perpétrer des agressions, des tortures, des expulsions forcées et illégales et des meurtres de résidents des fermes.
"Le plan de protection rurale doit être entièrement revu" estime M.
Manby.
Pour lui "à moins d'une réponse plus large aux préoccupations en matière de sécurité pour tous ceux qui vivent dans les zones d'agriculture commerciale, il continuera à ne donner aucun résultat même pour les propriétaires blancs des fermes qui sont à la base de sa création".
Human Rights Watch demande par conséquent, au gouvernement sud africain, de mettre en place une série de mesures pour assurer qu'il "est à la hauteur de ses obligations découlant du droit international qui consistent à fournir une protection égale à tous ses citoyens, noirs et blancs, hommes et femmes.
Il insiste en particulier sur le fait que "le gouvernement doit assurer que le système judiciaire pénal répond efficacement et rapidement à toute violence grave signalée, sans discrimination; que seule la police effectue des activités de surveillance et non l'armée; que la police et l'armée assurent une action disciplinaire et judiciaire contre les responsables des violences.
Le rapport recommande aussi un contrôle sur les initiatives en matière de sécurité privée, que ce soit les groupes volontaires de "surveillance des fermes" ou les compagnies privées de sécurité.

23 août 2001 11:35:00




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