Abuja, Nigeria (PANA) - Action Congress of Nigeria (ACN), principal parti d'opposition du Nigeria, a invité le gouvernement fédéral à faire plus qu'imposer l'Etat d'urgence pour résoudre la crise sécuritaire que traverse le Nigeria.
En réagissant à l'annonce de l'Etat d'urgence par le président Goodluck Jonathan dans certaines localités les plus touchées par les violences, perpétrées par la secte islamiste Boko Haram, le parti a déclaré dans un communiqué que tout en se félicitant des mesures raisonnables prises par le président pour mettre fin à des pertes en vies humaines inutiles, "un Etat d'urgence ne pouvait contenir que les symptômes plutôt que les causes profondes de la crise sécuritaire que traversait le pays".
Le parti d'opposition a estimé qu'il fallait trouver une solution fondamentale à cette crise pour assurer une paix durable.
"Tous les acteurs concernés, dont les religieux, les responsables politiques et traditionnels, ainsi que les organisations de la Société civile doivent s'unir pour aider à trouver une solution durable. Notre parti, pour sa part, est toujours prêt à contribuer à la quête de solutions, si l'on nous met à contribution. Nous sommes également convaincus que nos ex-chefs d'Etat ont un grand rôle à jouer. Bien qu'ils puissent agir individuellement, il est impératif qu'ils travaillent à l'unisson pour mettre fin à cette crise, qui menace notre démocratie et la survie même de notre nation. Si nous n'agissons pas maintenant, personne ne sera épargné des conséquences, quelle que soit son affiliation politique ou son appartenance religieuse", a soutenu ACN.
Le parti a indiqué que si l'imposition de l'Etat d'urgence pouvait sembler naturel vu la situation, elle devait être suivie d'un engagement ferme, de consultations élargies, d'un dialogue et de mesures pour répondre aux doléances de ceux qui commettent ces violences.
"Comme nous l'avons déclaré précédemment, ce processus peut commencer par la convocation d'un sommet national sur la sécurité avec tous les principaux acteurs concernés. Ce sommet va aider à l'élaboration d'une feuille de route pour mettre fin à la crise", a proposé le parti.
ACN a également souligné les limites de l'Etat d'urgence, en indiquant qu'il déboucherait simplement sur la militarisation accrue des régions concernées, sur le renforcement des barrages routiers et une limitation des libertés civiles, en ajoutant qu'à moins d'adopter des mesures à grande échelle, les responsables de cette crise vont simplement quitter ces localités pour d'autres et poursuivre leur oeuvre de destruction.
-0- PANA SEG/FJG/TBM/IBA 01jan2012