Le président sortant de l'UA fait l'état des lieux de l'Union

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) – La huitième session- ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine a été ouverte lundi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, par le président congolais Denis Sassou Nguesso, président sortant de l'organisation panafricaine.
Plus de trente chefs d'Etat africains assistent à ce sommet rehaussé de la présence de plusieurs personnalités internationales dont le président palestinien, Mahmoud Abbas, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le Secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, les Premiers ministres de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, de Trinidad et Tobago, Patrick Manning, d'Italie, Romano Prodi et le président de la Commission de l'Union européenne, Louis Michel.
Le président Denis Sassou Nguesso, qui boucle ainsi un mandat d'une année à la tête de l'Union africaine, a profité de la cérémonie d'ouverture pour faire un bilan de sa présidence, avant de passer le témoin à son successeur qui devrait être nommé dans la journée.
Il s'est longuement appesanti sur les conflits qui déchirent l'Afrique, estimant que la sécurité et la paix n'ont jamais été aussi présentes dans les actions de l'Union africaine que durant cette année".
Faisant le survol des conflits en Afrique, il a souligné que les efforts consentis par l'Union africaine et la communauté internationale n'ont pas permis de trouver une solution au conflit de la Côte d'Ivoire qui dure depuis septembre 2002.
Interpellant les dirigeants politiques ivoiriens, il leur a demandé de faire "un grand saut" pour permettre l'instauration d'une paix durable (dans leur pays).
Au sujet du conflit du Darfour qui a des répercussions sur le Tchad et la République centrafricaine, le chef de l'Etat congolais a mis en exergue l'accord d'Abuja qui, a-t-il dit, "ouvre la porte à un règlement du conflit".
Seulement, a-t-il déploré, "le dossier achoppe sur la substitution des forces de l'Union africaine par celle des Nations unies".
Concernant la Somalie, le président sortant de l'Union africaine a noté le retour à Mogadiscio, la capitale, du gouvernement de transition appuyé par l'Union africaine.
Mais la circulation des armes, les milices armées et l'état de délabrement du pays constituent, selon lui, une menace pour la paix.
Il en appelle à la communauté internationale pour aider à la consolidation de la paix dans ce pays, à travers un dialogue fructueux.
En Guinée, le dialogue qui s'est amorcé a permis de surmonter "la crise grave" qui a prévalu dans ce pays, avance Denis Sassou Nguesso, affirmant que "les différentes parties, sous la médiation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, sont parvenues à une solution".
Tirant la leçon de ces conflits, Denis Sassou Nguesso a fait remarquer que "le temps est venu de mettre en oeuvre les dispositions du Pacte de l'Union africaine concernant la prévention des crises et conflits".
Il reste que le président de l'Union africaine note que "des progrès importants ont été accomplis dans la résolution de conflits depuis le sommet de Khartoum, au Soudan en janvier 2006".
Le Liberia, la République démocratique du Congo et les Grands Lacs constituent, selon lui, des exemples édifiants des avancées réalisées dans ce domaine.
Autres sujets de préoccupation, le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme qui continuent de retenir l'attention des dirigeants de l'Union africaine, souligne Denis Sassou Nguesso, qui fait remarquer que plusieurs rencontres ont été consacrées à ces questions, dont un sommet spécial sur le VIH/SIDA.
Durant sa présidence, Denis Sassou Nguesso a souligné que l'Union africaine s'est démultipliée pour faire entendre la voie de l'Afrique dans le monde.
Il a cité, à ce propos, le partenariat stratégique conclu entre l'Afrique et les pays émergents du Sud et le partenariat entre l'Afrique et les Nations unies signé en novembre dernier à Abuja, au Nigeria.
Sans compter sa présence au sommet du G8 à Budapest, en Hongrie, en juillet dernier.
Pour en revenir à l'Afrique, le président sortant de l'Union africaine a fait part de sa préoccupation par rapport au Nouveau partenariat pour le développement économique de l'Afrique (NEPAD), estimant que ce programme "devrait gagner en visibilité, à travers des réalisations qui feront sa crédibilité".
Pour lui, son "intégration au sein de la Commission de l'Union africaine se pose non comme une nécessité, mais une urgence".
Après un an à la tête de l'Union africaine, Denis Sassou Nguesso note que "l'Afrique s'emploie, lentement, mais sûrement, à prendre son destin entre ses mains", réaffirmant sa foi en l'union qui, a-t-il dit, "constitue un bouclier contre toute adversité, face au risque de marginalisation et à la mondialisation".
Ce huitième sommet de l'UA, consacré à la science, la technologie, la recherche scientifique et à l'environnement, devrait aborder plusieurs questions importantes pour l'avenir du continent africain.
Mais le dossier le plus brûlant reste la désignation d'un nouveau président de l'organisation panafricaine.
La candidature du Soudan se heurte à l'hostilité de plusieurs pays et des organisations des droits de l'Homme, qui disqualifient Omar el-Béchir à cause du conflit du Darfour.

29 janvier 2007 13:22:00




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