Le président nigérien appelle ses pairs de la CEDEAO à aborder l’échéance de la monnaie unique avec "réalisme et responsabilité"

Niamey, Niger (PANA) - La 4ème Réunion de la Task Force présidentielle sur le programme de la monnaie unique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue mardi à Niamey, en présence des présidents du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, du Nigéria Muhammadu Buhari, de Côte d’ivoire Alassane Dramane Ouattara, du Togo Faure Essozimna Gnassingbé et du Niger, Issoufou Mahamadou.

La session extraordinaire de l’organisation tenue à Dakar (Sénégal) le 23 octobre 2013, rappelle-t-on, avait désigné, dans le cadre d’un Haut-comité, Issoufou Mahamadou  et Nana Akufo Addo pour superviser le processus de création de la monnaie unique de l’espace communautaire.

Le Comité a ensuite été élargi aux présidents de la Côte d’ivoire, du Nigéria et du Togo, assurant la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.

Dr Marcel De Souza, président de la Commission de la CEDEAO, également membre du Haut Comité, a salué dans une intervention préliminaire, la "clairvoyance du chef de l’Etat nigérien, Issoufou Mahamadou, pour avoir réussi à réunir  autour de lui les autres  membres du Comité, malgré la charge de leurs calendriers respectifs".

Tout en rendant un hommage mérité à tous les chefs d’Etat présents à la rencontre de Niamey, Dr De Souza a rappelé les problèmes et obstacles qui se dressent autour de cette question de la monnaie commune de la CEDEAO. Il les a ensuite exhortés à redoubler  "d’efforts afin que cet objectif cher à toute la Communauté soit atteint dans un délai relativement court".

Ouvrant  les travaux, le président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou, a déclaré que pendant que "nous travaillons à renforcer l’intégration de nos Etats dans tous les domaines, des forces centrifuges et obscurantistes rament à contre-courant et cherchent à déstabiliser nos Etats par des actes de terreur et de barbarie".

"Nous devons condamner fermement ces actes, déplorer les pertes en vies humaines subséquentes; les bilans terrifiants des récentes attaques et attentats survenus à Mogadiscio, en Somalie, à Maiduguri au Nigéria, à Tongo Tongo et Ayorou au Niger, sont une parfaite illustration du drame qui se joue dans nos pays", a-t-il indiqué.

Le chef de l’Etat a par ailleurs révélé qu’à l’issue de l’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route sur la monnaie unique, "le Conseil de Convergence, lors de  sa réunion du 17 janvier 2014, a fait ressortir de nombreux défis qui exigent l’abandon de l’approche à deux vitesses, pour aller directement à la création d’une monnaie unique en 2020".

Pour ce faire, a-t-il dit, les chefs d’Etat ont convenu de mettre en place chacun un Comité d’experts dont la mission est de les assister dans la conduite de ce projet, ainsi que de se réunir de manière alternée au Niger et au Ghana, afin de constater l’état d’avancement du programme.

"La mise en place d’une monnaie unique est à la fois une décision économique et politique, les enjeux sont importants et les défis multiples et redoutables", selon Issoufou Mahamadou.

Une monnaie unique, en réduisant les coûts des transactions, en faisant converger les taux d’inflation et en assurant la transportabilité des capitaux, renforcera les échanges des biens et des services, amplifiera la croissance économique et donc, la prospérité des peuples de chacun de nos pays, a-t-il assuré.

Le président nigérien a enfin appelé ses pairs à aborder cette question de l’échéance avec réalisme et responsabilité, "car les remises en question répétitives des dates de l’avènement de notre monnaie unique, même si elles se justifient, peuvent développer une lassitude et installer un scepticisme dans l’esprit de nos concitoyens".
-0- PANA SA/TBM/SOC   24OCT2017

24 octobre 2017 19:51:50




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