Le président du CPS de l’UA exige une condamnation ferme du coup d’Etat en Guinée-Bissau

Addis Abeba, Ethiopie (PANA) – Le président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, l’Angolais Arcanjo do Nascimento, a plaidé pour une condamnation ferme des auteurs du coup d'Etat militaire en Guinée-Bissau devant la réunion du CPS mardi à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Arcanjo do Nascimento a notamment rappelé aux membres du CPS les dispositions de la Déclaration de Lomé sur les changements inconstitutionnels de gouvernements.

Il a demandé aux membres du CPS de ne pas transiger en condamnant les auteurs du coup d'Etat pour que ce genre d'acte ne se répète plus sur le continent africain.

L’appel lancé par M. do Nascimento a été soutenu par le commissaire de l’UA pour la Paix et la Sécurité, l’Algérien Ramtan Lamamra, pour qui le coup d’Etat en Guinée-Bissau “est une honte pour le continent africain”.

Selon lui, les leaders africains “ne peuvent ni ne doivent continuer à tolérer les changements inconstitutionnels” de régimes au moment où le continent s’efforce à consolider les processus démocratiques de prise de pouvoir par la voie des urnes.

Pour M. Lamamra, le coup d’Etat du 12 avril dernier en Guinée-Bissau “est un grand recul” pour le développement de ce pays ouest-africain d’expression portugaise.

La Tanzanie, un des 15 membres du CPS, a plaidé pour le maintien de la présence de l’Angola en Guinée-Bissau, affirmant qu’un retrait (angolais) de ce pays “serait le chaos total pour le peuple bissau-guinéen”.

Conformément aux instruments juridiques de l’Union africaine, le CPS a décidé le même jour de suspendre la Guinée-Bissau de toutes les activités de l’organisation, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Sous la présidence de l’Angola, les membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ont exigé le rétablissement sans condition de l’ordre constitutionnel, ainsi que la poursuite du processus électoral avec la tenue du second tour de la présidentielle, qui doit opposer l’ancien président, Kumba Yala, au Premier ministre sortant, Carlos Gomes Junior.

Le Conseil a aussi ordonné la libération de tous les détenus, dont le président de la République par intérim, Raimundo Pereira et le Premier ministre, Carlos Gomes Junior.

Par ailleurs, les membres du CPS de l’UA ont exprimé leur gratitude à l’Angola pour sa “vaillante contribution” à la stabilisation de la Guinée-Bissau, surtout concernant la réforme du secteur de la défense et de la sécurité.

Considérant les dispositions de l’article 25 de la charte de l’organisation sur la démocratie, les élections et la Bonne gouvernance, le CPS a aussi décidé que les auteurs du coup d’Etat de jeudi dernier en Guinée-Bissau soient poursuivis devant les tribunaux pour crime.

A ce propos, le CPS de l’Union africaine a souligné la nécessité pour l’Afrique, en particulier et pour la communauté internationale, en général, de se montrer ferme dans l’accomplissement de cette mesure.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a été, pour sa part, mandaté à poursuivre la mise en oeuvre de la feuille de route de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la Guinée-Bissau et, dans le même temps, à s’efforcer à créer une force d’interposition pour donner suite au travail en cours.

Pour cela, les membres du CPS de l’UA ont demandé la collaboration de tous les partenaires internationaux de l’Union africaine, notamment la CPLP, la CEDEAO, les Nations unies, l’Union européenne et d’autres au niveau bilatéral, pour qu'ensemble, ils mettent la pression sur les putschistes en Guinée-Bissau afin que ces derniers restaurent l’ordre constitutionnel.
-0- PANA IZ/CJB/JSG/IBA 19avr2012

19 avril 2012 10:24:26




xhtml CSS