Le président de la LDH dénonce des exactions

Bangui- RCA (PANA) -- Le pouvoir centrafricain est en train de perdre sur le terrain des droits de l'homme le capital sympathie recueilli à la faveur du coup d'Etat avorté de l'ex-général André Kolingba, selon le président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l'Homme (LCDH), Me Nicolas Tiangaye.
"S'il n'y prend garde, on va oublier le coup d'Etat pour ne parler que des crimes contre l'humanité", a indiqué Me Tiangaye à la PANA, faisant allusion "aux exactions et exécutions extrajudiciaires" qui tenaient toujours en cours à Bangui, selon lui.
Le président de la LCDH a indiqué avoir communiqué à la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) la liste de plusieurs personnes qui se cacheraient de crainte pour leur sécurité.
Il s'agit, pour la plupart, de magistrats d'ethnie Yakoma comme M.
Kolingba.
Parmi eux, figurent MM.
Jose Christian Londoumon, président de la chambre civile et commerciale de la cour de cassation, Kayague, président de la chambre correctionnelle d'appel, dont les maisons ont été pillées et saccagées.
M.
Limbo Eloa, conseiller à la cour de cassation, figure également parmi les magistrats menacés.
Selon Me Tiangaye, les règlements de comptes se poursuivent dans les quartiers, en dépit des déclarations officielles.
Il a indiqué que 106 personnes, dont l'épouse de M.
Kolingba, et quatre de ses fils, étaient réfugiées à l'ambassade de France à Bangui.
Le président du groupe parlementaire du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), Mahious Gamba, est pour sa part, réfugié à l'ambassade des Etats-Unis.
Le président de la LCDH estime que les pressions sur le gouvernement pourraient permettre de mettre fin aux exactions.
Selon Me Tiangaye, il est pour le moment impossible d'établir un bilan exact des évènements qui auraient officiellement fait une soixantaine de morts.
Il a indiqué que son organisation était en train de procéder à une enquête dans chaque quartier pour pouvoir établir un bilan.
Il s'est, par ailleurs, prononcé sur la suspension du RDC de Kolingba pour condamner cette mesure gouvernementale qu'il juge "prématurée".
"Le RDC ne s'est pas réuni en congrès pour décider d'organiser un coup d'Etat.
C'est un acte individuel qui engage la responsabilité de son auteur.
Il fallait laisser le RDC se prononcer, peut-être que ce parti aurait condamné le coup d'Etat", a dit Me Tiangaye, soulignant qu'il ne faut pas prendre prétexte du coup d'Etat pour fouler au pied les droits de l'homme.
Interrogé sur les raisons de l'instabilité chronique de la RCA, le président de la LCDH a mis en cause "la gestion du pays et la mauvaise gouvernance".
"Comment comprendre que dans un pays de trois millions d'habitants, dont le sol et le sous-sol recèlent toutes les richesses, ne parvienne pas à payer 15.
000 fonctionnaires, représentant une masse salariale de deux milliards de FCFA", s'est il interrogé.
A la fin du mois de juin, précise-t-on, l'Etat centrafricain devra 28 mois d'arrièrés de salaires à ses fonctionnaires.
Me Nicolas Tiangaye a, d'autre part, réitèré la condamnation par son organisation de toute tentative de prise du pouvoir par les armes.
Il a dénoncé "la dictature militaro-clanique" que Kolingba voulait entamer en Centrafrique, soulignant qu'il doit répondre de son acte devant la loi.

22 يونيو 2001 10:44:00




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