Le président de l'UA pour la construction d'une nouvelle Afrique

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Omar Konaré, a prôné jeudi à Dakar une nouvelle Afrique où la démocratie, la paix, la stabilité institutionnelle et une citoyenneté effective nourrie par une vision partagée de l'avenir seraient des réalités quotidiennes.
Dans un discours prononcé à la cérémonie d'ouverture de la Conférence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora, M.
Konaré a réaffirmé sa conviction que : "c'est cette Afrique du futur qui est à explorer", en assimilant les participants à des "pèlerins de l'avenir prêts à relever tous les défis" pour sculpter une nouvelle Afrique.
Il a également plaidé pour une nouvelle Afrique qui ne craindra plus les forces divergentes que porte le pluralisme politique, ni la multiplicité des identités associées à une très grande diversité culturelle, mais "qui saura au contraire les reconnaître, les chérir et les valoriser".
L'ancien chef de l'Etat malien veut une nouvelle Afrique où le pluralisme religieux et le pluralisme ethnique, loin de conduire aux tragédies que l'on déplore ça et là comme au Rwanda, auront été repensés et réinventés.
Les "seigneurs de la guerre" en Afrique doivent connaître au moins le même sort, le même traitement que les putschistes liquidateurs des processus démocratiques, a suggéré le président de la Commission de l'UA, affirmant son désir de croire en cette nouvelle Afrique à construire, qui donne tout son sens à la présente Conférence de Dakar.
La conviction de M.
Konaré est que la renaissance du continent est "de l'ordre du possible, à portée de main et d'intelligence de ses enfants, ceux d'ici et d'ailleurs".
L'Afrique qui nous unit, c'est celle qui, patiemment, reconquiert sa mémoire, une mémoire où les blessures laissées par des expériences douloureuses ne se sont pas encore complètement cicatrisées", a indiqué M.
Konaré.
Face à toutes les épreuves qu'elle a subies dans l'histoire, l'Afrique reste encore debout et il appartient à ses enfants, notamment les intellectuels du continent et de la diaspora, de "fonder cette Afrique de demain".
"Cependant, a-t-il indiqué, une telle responsabilité est d'autant plus grande que notre monde, auquel appartient l'Afrique, est plus que jamais bâti sur le savoir, comme en porte témoignage la dématérialisation de la production à laquelle nous assistons dans les pays industrialisés".
"C'est sur le terrain de la reproduction et du savoir que l'identité africaine devra se manifester", a encore dit M.
Konaré, qui a déclaré fonder beaucoup d'espoir sur cette conférence, voire "une espérance à trouver les voies et moyens de jeter les bases d'un nouveau contrat entre les intellectuels et leurs peuples".
Le président de la Commission de l'Union africaine a estimé que l'Afrique dont il est question dans son propos "est une et indivisible" et que sa construction se fera par les intellectuels d'Afrique et de la diaspora.

07 octobre 2004 15:47:00




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