Le président Compaoré disposé à recevoir les dissidents du groupe islamiste malien Ansare Dine

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) – Le président burkinabé, Blaise Compaoré,  a déclaré, lundi, à Addis-Abeba, en Ethiopie, qu’il était disposé à recevoir, s’ils en font la demande, les dissidents du groupe islamiste armé Ansare Dine opérant  dans le Nord du Mali.

"Aujourd’hui, nous pensons que le pire est passé au Mali; nous pensons également qu’il faut construire une paix durable et cela ne peut pas se faire par la guerre. Il faut mettre en place un dispositif de dialogue politique", a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse en marge du 20ème Sommet de l’Union africaine qui se tient dans la capitale éthiopienne.

"Nous devons faire en sorte que les Maliens puissent se parler à nouveau.  Il faut créer le cadre pour légitimer les institutions et nous serons aux côtés des Maliens avec la communauté internationale pour cela", a ajouté le chef de l’Etat burkinabé, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise au Mali.

Pour le président Compaoré, les négociations inter-maliennes doivent être conduites sans exclusion des groupes armés qui acceptent de renoncer à la violence et qui acceptent de reconnaître l’intégrité territoriale.

"Il reste évident pour nous que le volet politique va prendre la prééminence après l’intervention actuelle des forces françaises et des armées africaines. Je rappelle que le dialogue politique a permis de stopper les hostilités sur le terrain à un moment où l’armée malienne n’était pas en capacité  de résistance", a soutenu le président Compaoré.

"Si vous vous rappelez, nous avons signé le 4 décembre un accord avec Ansare Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Même Ansare Dine avait accepté de renoncer au terrorisme et à l’extrémisme religieux. Ce qui veut dire que le dialogue politique a un impact positif sur la mentalité de ces groupes armées", a défendu M. Compaoré.

"Ansare Dine a décidé d’aller à la guerre en tournant le dos à ses engagements;  une partie saine du mouvement a décidé de faire scission et de revenir à la table des négociations. A partir du moment où ce sont des Maliens qui rejettent l’extrémisme religieux, il n’y pas d’intérêt à les écarter du dialogue politique", a estimé le président burkinabé.

Il a par ailleurs indiqué que la crise malienne était la conséquence d’une mauvaise gouvernance politique marquée par une marginalisation du Nord du pays.

"La crise du Nord-Mali est une crise politique. Nous ferons certes des opérations militaires pour recouvrer l’intégrité territoriale, mais nous serons obligés de revenir au dialogue politique pour une paix durable. Nous sommes prêts à continuer cette médiation avec tous les groupes; ce que nous n’avons du reste jamais cessé", a encore dit le président Compaoré.
-0- PANA SEI/JSG/IBA  28jan2013

28 janvier 2013 17:27:18




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