Le pouvoir congolais dénonce la dégradation des forêts urbaines

Brazzaville- Congo (PANA) -- Le ministre congolais de l'Economie forestière et de l'environnement, Henri Djombo, a dénoncé la "dégradation" des forêts urbaines et semi-urbaines à Brazzaville et à Pointe-Noire.
Cette dégradation est provoquée par les "abattages" des bois et "l'occupation anarchiques" des réserves forestières par les populations de ces villes, a annoncé jeudi dans la capitale congolaise, une source officielle.
M.
Djombo a dit qu'à Brazzaville, la réserve de la Patte d'oie près du palais du Parlement, avait perdu 800 de ses 900 hectares, à cause de constructions de bâtiments administratifs et de logements anarchiques des particuliers, alors qu'à Pointe-Noire (Sud), 780 hectares d'eucalyptus avaient été coupés illégalement depuis le début de 2004.
"Le massif forestier d'Eucalyptus du Congo (ECO) s'est dégradé du fait des abattages et de l'urbanisation anarchique de Pointe- Noire.
ECO a perdu 780 hectares représentant 500 millions de F.
CFA", a ajouté le ministre de l'Economie forestière et de l'environnement.
Entre 45.
000 et 50.
000 hectares d'eucalyptus ont été plantés dans la périphérie de Pointe-Noire.
Ces eucalyptus sont exploités par ECO, une société mixte créée par le gouvernement congolais avec la participation du groupe anglo-neerlendais, Shell.
Cette société, qui emploie 130 personnes, se chargeait de l'exportation des rondins d'eucalyptus dans les pays africains, européens, américains et asiatiques.
En juin 2001, le groupe Shell s'est retiré d'ECO, provoquant des difficultés financières à la société.
Faute de moyens financiers, ECO n'est plus en mesure d'assurer la surveillance des eucalyptus et de poursuivre les plantations.
Un groupe sud-africain, Will Ellis international, a annoncé son intention de reprendre l'exploitation des plantations d'eucalyptus dans la périphérie de Pointe-Noire.
Un accord dans ce sens sera signé le 10 septembre entre le gouvernement et la société industrielle sud-africaine, a dit M.
Djombo.
Will Ellis international mettra en place une unité de copeaux à base d'eucalyptus, a précisé M.
Djombo, soulignant qu'un groupe chinois se propose de créer, à Pointe-Noire, une usine de pâte à papier.
"Nous espérons que les deux groupes vont collaborer ultérieurement", a lancé M.
Djombo.
Le ministre congolais de l'Economie forestière et de l'environnement a également annoncé l'interdiction de l'exploitation des bois, ainsi que la vente du bois de chauffe et du charbon dans la ville de Pointe-Noire, en vue de mettre fin à la destruction des eucalyptus.
A propos de la réserve de la Patte d'oie, M.
Djombo a indiqué qu'une procédure judiciaire était en cours, entre le ministère de l'Economie forestière et un propriétaire foncier, qui a vendu des terrains à des particuliers.
"De 900 hectares dans les années 60, la réserve de la Patte d'oie est réduite à 100 hectares aujourd'hui", s'est plaint M.
Djombo, indiquant que le gouvernement allait préserver cette réserve pour étendre le jardin zoologique de Brazzaville.

02 Setembro 2004 12:36:00




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