Le port et l'aéroport de Mogadiscio restent fermés

Mogadiscio- Somalie (PANA) -- Des groupes armés qui s'opposent au Gouvernement de transition nationale (TNG), récemment mis sur pied, ont empêché la réouverture de l'aéroport et du port maritime de Mogadiscio.
Les principaux débouchés aérien et maritime du pays sont virtuellement restés fermés depuis que les groupes armés claniques ont chassé du pouvoir le président Mohamed Siad Barre, il y a de cela plus de dix ans.
En conséquence, les marchands et les petits commerçants somaliens sont encore obligés d'importer et d'exporter leurs produits par les petits ports d'El-ma'an, à quelque 30 km au nord est de Mogadiscio ou du district de Merka, à 200 km au sud de la capitale.
Le port de Mogadiscio avait été réactivé, entre 1992 et 1995, par la mission des Nations Unies en Somalie.
Toutefois, ses activités avaient de nouveau été arrêtées après le retrait des Nations Unies de Mogadiscio, il y a presque six ans.
Même si depuis le début de l'année, le TNG a repris la gestion du port des mains des milices, Mussa Sudi Yalahow, un seigneur de la guerre qui contrôle les districts côtiers de Mecca et de Medina, s'est opposé à une réelle reprise des activités du port.
Yalahow est membre de l'Alliance qui conteste la légalité du TNG, avec l'appui de l'Ethiopie.
Il contrôle également plusieurs parties de la côte, au nord-est de Mogadiscio.
Après le départ de la mission des Nations Unies, les leaders des factions avaient temporairement ouvert le port.
Cependant, cette initiative n'a pas duré, les leaders de l'une de ces factions ayant lancé des obus sur tous les navires qui se dirigeaient vers Mogadiscio.
Les navires avaient été alors contraints d'accoster dans les petits ports voisins.
Il s'en était suivi l'arrêt des opérations du port de Mogadiscio.
L'Aéroport international de Mogadiscio est aussi resté fermé, ce qui a obligé tous les vols commerciaux de se poser à Ballidoogle, à 100 km au sud de la capitale.
Seuls les vols commerciaux qui n'appartiennent pas à l'IATA utilisent cet aéroport.
Ils relient la Somalie au reste du monde par l'intermédiaire de Nairobi, Djibouti, Dubai et Sharjah, dans les Emirats arabes unis.
La Somali Airlines a cessé ses opérations en 1990.
Nul ne sait vraiment ce que sont devenus les appareils de sa flotte, quoique des rumeurs non confirmées laissent croire que les cadres de la direction ont mis en location un ou deux appareils de la compagnie.
Les aires d'atterrissage non bitumées sont utilisées par les compagnies kenyanes qui exploitent de petits appareils consacrés au transport du qat, une plante aux effets stupéfiants que les Somaliens passent leurs journées à mâcher.
Les chercheurs de l'Université de Nairobi ont affirmé récemment que le qat est à l'origine de troubles tels que la schizophrénie, les hallucinations, l'hypertension, la stérilité, l'insomnie et les désordres cardiovasculaires.
Chaque jour, environ six petits aéronefs chargés de 9.
000 kg de qat, pour une valeur d'environ 300.
000 dollars US, se posent sur une aire d'atterrissage située non loin de Mogadiscio.
D'autres aires d'atterrissage sont également utilisées à Jasira et Issaley, dans la région de Mogadiscio, ainsi qu'à Eel- Ahmed, près du district de Merca.
Le port de Bossasso, dans la république autoproclamée du Somaliland, l'un des plus fréquentés de la région, est opérationnel, indique-t-on.
Ce port de la Mer rouge accueille des navires transportant des chameaux, des moutons et des chèvres en Arabie, de même que des produits destinés à la Somalie.
L'autre port en activité est celui de Berbera, qui se trouve aussi dans la république non reconnue de Somaliland.

10 juin 2001 16:12:00




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