Le piétinement de l'UA fait le lit des putschs militaires

Syrte- Libye (PANA) -- Le président en exercice de l'Union africaine (UA), Mouammar Kadhafi, a estimé à Syrte que les hésitations à mettre en ?uvre un projet aussi important pour le continent n'est nullement une attitude propre à un individu spécifique.
«Tout individu peut être sujet à cette attitude, qu'il soit ancien président ou chef d'Etat en fonction ou encore qu'il soit parmi ceux qui, dans l'avenir, arriveront au pouvoir», a-t-il déclaré, faisant remarquer au passage que certains «hésitants» qui étaient au pouvoir ont achevé leur mandat et perdu les élections.
S'exprimant au cours d'une interview exclusive accordée à la PANA à la veille su sommet ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA, à Addis- Abeba, en Ethiopie, il a souligné que «les gouvernements ont prouvé, année après année, leur incapacité».
Le guide Kadhafi a appelé «les autres institutions non gouvernementales, à savoir les royaumes traditionnels africains, les syndicats, les organisations des jeunes et des femmes, ainsi que les journalistes, les écrivains, les intellectuels et les penseurs, à assumer leurs responsabilités».
Le leader libyen a averti sur le risque que le continent retourne à l'ère des régimes militaires qu'il a qualifiée de "grave" si ces franges de la société ne se mobilisaient pas pour faire face à cette incapacité manifeste et honteuse des gouvernements.
«Les militaires cherchent des prétextes tels que les échecs des gouvernements pour prendre le pouvoir», a affirmé le guide Mouammar Kadhafi .
Il a soutenu que les militaires, les jeunes et les femmes ne tiennent compte ni des protestations internationales, ni du rejet des changements du pouvoir par la force qui constituent des éventualités dont ils n'ont pas peur, parce qu'ils disposent d'arguments pour se défendre.
A cet effet, le guide Kadhafi a puisé de l'histoire des situations qui octroient des circonstances atténuantes à la violence, telle que l'Allemagne, actuellement troisième puissance mondiale, qui doit son unification à «Bismarck qui avait usé de la violence» et «la Nation italienne, un des 8 grands pays, que l'on doit à Garibaldi».
Les Etats-Unis ne sont pas en reste, dans les exemples cités par le guide Kadhafi qui attribue «à la révolution conduite par Georges Washington, ainsi qu'à la violence menée par Abrahams Lincoln» le grand pays qu'est devenue l'Amérique.
Quid du «géant chinois qui n'aurait pas vu le jour, n'eût été la révolution et la violence conduites par Mao Tsé-Toung» ou de «la France nucléaire» qui n'aurait pas existé «sans la révolution française».
«La révolution de Cromwell, qui a décapité le roi», n'a pas manqué d'être citée par le leader libyen, pour avoir permis à la Grande-Bretagne de voir le jour.
Autant d'exemples qui, selon le président en exercice de l'UA, «signifient que les militaires trouvent des exemples dans l'histoire pour étayer leurs arguments».

30 janvier 2010 15:41:00




xhtml CSS