Le ministre burkinabé des AE envoyé spécial de l'UA/ONU au Darfour

Charm el-Cheikh- Egypte (PANA) -- Djibrill Bassole, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, a été nommé envoyé spécial conjoint de l'Union africaine (UA) et de l'Organisation des Nations unies (ONU) au Darfour, chargé de superviser les efforts du règlement militaire et politique de la crise dans cette province de l'Ouest du Soudan.
Le chef de la diplomatie burkinabé remplace l'Envoyé spécial de l'UA, Salim Ahmed Salim, et celui de l'ONU, Jan Eliasson, qui pilotaient les efforts visant à trouver une solution militaire et politique à la guerre civile qui dure depuis 4 ans au Darfour.
S'exprimant quelques heures avant la réunion du Conseil exécutif de l'UA, qui regroupe les ministres des affaires étrangères de 53 pays africains, le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a estimé que M.
Bassole travaillera à plein temps au règlement de la crise.
Commentant la nomination de M.
Bassole au cours d'une conférence de presse, M.
Ping a indiqué que les objectifs poursuivis sont politiques et militaires, ajoutant que des avancées sont espérées sur les volets politiques.
M.
Bassole a eu une longue carrière d'officier supérieur de l'armée de son pays avant de rejoindre le gouvernement en 1999, en qualité de vice-ministre de la Sécurité.
Il avait ensuite été nommé ministre de la Sécurité en novembre 2000, un poste qu'il a occupé pendant sept ans environ.
Selon des sources onusiennes, la décision de nommer un nouveau médiateur appelé à exercer ses responsabilités à temps plein se justifie par l'aggravation de la crise politique dans le Darfour, notamment les dernières attaques lancées sur Khartoum au début du mois de mai.
M.
Ping a révélé qu'il avait effectué une mission de trois jours à Khartoum, mission au cours de laquelle il avait plaidé auprès du président Omar el Béchir pour qu'il résiste à toute tentation de répondre aux attaques sur Omdurman, une ville de la périphérie de Khartoum.
“La nomination d'un médiateur conjoint ouvrira la voie à des négociations politiques, conformément à l'accord d'Abuja”, a réaffirmé M.
Jean Ping.
Les commentaires de M.
Ping interviennent alors que les groupes de société civile présents à Charm el-Cheikh, en Egypte, accusent le gouvernement du Soudan d'être responsable du retard constaté dans le déploiement total de la Force hybride UA/ONU pour le Darfour (MINUAD).
“Les dirigeants africains ont un rôle à jouer dans les efforts visant à mettre un terme au conflit dans le Darfour.
Le gouvernement continue de faire obstacle au déploiement de la force”, a déclaré Amir Isman, directeur du plaidoyer international à Save Darfur (Sauvons le Darfour), une coalition d'organisations de la société civile.
Il a fait valoir que le Conseil de Paix et de Sécurité de l'ONU, qui doit se réunir au niveau présidentiel d'ici dimanche, devrait être informé des mesures en cours ayant pour finalité de faire cesser le conflit et du refus de Khartoum d'avancer en ce qui concerne la mise en oeuvre des volets militaires de l'accord.

28 juin 2008 17:58:00




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