Le ministre Gadio précise les contours de la diaspora africaine

Dakar- Sénégal (PANA) -- Dans une interview accordée à la PANA, à la veille du sommet de Sun City en 2003, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, avait affirmé que l'intérêt accordé à la diaspora africaine était "d'en faire une sixième région naturelle, historique, politique, affective, intellectuelle du continent".
Répondant à une question sur les personnes éligibles, le ministre sénégalais soulignait que les Noirs d'Amérique et des Antilles ne constituent pas les seuls membres de cette diaspora, contrairement à ce que l'on pense de prime abord.
Sont également concernés les Noirs-Péruviens, les Noirs-Colombiens, les Afro-Cubains et les Africains-Brésiliens, a ajoutait M.
Gadio.
Cependant, on compte aussi les Noirs des Etats-unis qui ont naguère traversé la frontière pour aller s'installer au Canada, de même que les migrants africains qui, après les indépendances, sont allés en quête d'une vie meilleure sous d'autres cieux.
En définitive, il est question d'une double diaspora africaine, "celle historique qui comprend ceux dont les ancêtres ont été brutalement arrachés à leur continent depuis des siècles et qui se réclament de nous, comme nous nous réclamons d'eux".
Vient ensuite la diaspora moderne formée par ces "Nigérians- Américains, ces Sénégalais-Européens, ces Camerounais-Hollandais, ces Gambiens-Suédois, mais aussi les Algériens de France, les Marocains et Tunisiens d'Espagne et d'Italie ou encore ces 200.
000 cadres, médecins, ingénieurs et chercheurs égyptiens vivant et travaillant en Amérique du Nord".
Selon M.
Gadio, les personnes concernées ont très favorablement accueilli cette initiative qui constitue une sorte de reconnaissance de leur existence, mais aussi leur prise en compte dans la marche de leur continent d'origine.
"Ils ont conscience que quelque chose est en train de bouger et applaudissent à tout rompre", ajoutait M.
Gadio.
Interrogé sur l'apport de l'Afrique du Sud, Cheikh Gadio reconnaissait que l'expérience de ce pays, avec sa population noire autochtone, mais aussi métisse et d'origine européenne et indienne serait des plus déterminantes dans la conduite du débat sur la place de la diaspora dans le développement de l'Afrique.
Mais, disait M.
Gadio, quelle que soit la complexité des situations en Afrique du Sud ou ailleurs sur le continent, notamment dans le Nord où l'on rencontre une forte population arabe qui, historiquement, vient d'Arabie (comme les Sénégalais d'origine libanaise), il s'agira de montrer que ce n'est pas un débat entre l'Afrique et l'Amérique.
"Nous n'avons pas l'intention de faire en sorte que les Etats- unis reconnaissent qu'ils ont une partie de notre diaspora sur leur sol et doivent, en conséquence, se montrer plus généreux envers notre continent, mais il s'agit simplement, pour nous, de réparer une omission", indiquait le ministre sénégalais des Affaires étrangères.
"Après avoir contribué à bâtir, à travers le monde, beaucoup de pays et de nations, dont ils ont le plein droit d'être des citoyens à part entière, ces filles et fils du continent, qui nous ont quittés dans des conditions souvent douloureuses, ont tout à fait raison de développer une affection particulière pour l'Afrique".
Et pour cette raison les Africains ont le devoir de les accueillir à bras ouverts et de développer avec eux de nouvelles formes de coopération, allant au-delà du sentimental pour se traduire par leur implication dans les stratégies de développement scientifique, technologique, médical.

06 octobre 2004 12:11:00




xhtml CSS