Le maïs OGM est nécessaire en Afrique australe, selon le PAM

Lilongwe- Malawi (PANA) -- Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) James Morris a affirmé mercredi que les organisations humanitaires ne peuvent pas mettre un terme à la famine qui sévit en Afrique australe si elles n'ont pas recours au maïs génétiquement modifié.
Dans une interview accordée à la PANA, après avoir assisté à la distribution de maïs transgénique à 390 familles du district de Dedza, dans le centre du Malawi, M.
Morris a affirmé que la majeure partie du maïs du PAM contient des OGM.
"Je respecte le droit de chaque pays à décider s'il doit accepter ou non le maïs génétiquement modifié", a-t-il déclaré.
M.
Morris, envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, pour la crise humanitaire en Afrique australe, a rappelé que les organisations onusiennes comme le PAM, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale pour la Santé (OMS) ainsi que les pays de l'Union européenne ont assuré n'avoir rencontré aucune difficulté avec les aliments contenant des OGM.
Il a fait remarquer que de nombreuses personnes dans le monde consomment des aliments transgéniques sans avoir enregistré le moindre effet secondaire.
Il a fait savoir que le PAM va essayer de trouver des aliments de substitution pour la Zambie, un pays qui a décidé de ne pas accepter les aliments transgéniques, quelle que soit la forme sous laquelle ils sont présentés.
"Cependant, nous ne serons pas en mesure de faire pleinement le travail sans le recours à des aliments génétiquement modifiés", a-t-il dit.
L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU a expliqué que le Malawi, la Zimbabwe, le Lesotho et le Swaziland ont accepté les aliments transgéniques, tandis que la Zambie a dépêché une délégation de scientifiques en Afrique du Sud, en Norvège, au Royaume-Uni, en Belgique et aux Etats-Unis pour mieux comprendre les aliments transgéniques.
Le Malawi, l'un des pays qui ont accepté le maïs contenant des organismes génétiquement modifiés, a déjà commencé à le distribuer, sans l'avoir auparavant réduit en semoule, une condition qu'il avait pourtant publiquement posée avant d'accepter ce genre d'aliment.
Le broyage prend du temps et coûte cher, et il est peu probable que ce pays en proie aux difficultés financières soit en mesure de faire face à ces conditions.
En réalité, le PAM distribue du maïs non moulu dans le centre de Dedza.
Le principal conseiller technique du ministère malawite de la Santé Ellard Malindi a dit à la PANA que le gouvernement a besoin de 1,6 milliard de kwacha (environ 21 millions de dollars) pour moudre le maïs transgénique.
"Cependant, nous distribuons maintenant du maïs non moulu car la saison agricole ne démarre pas avant quelques mois", a-t-il dit, faisant apparemment allusion au fait que le maïs ne doit pas être planté pour éviter toute contamination des semences ne contenant pas des OGM.
A ce sujet, M.
Malindi a affirmé que les conseillers en matière d'agriculture conseillent aux populations de ne pas conserver le maïs transgénique pour en faire des semences, ce qui risquerait de contaminer les cultures.
M.
Morris a fait part de sa préoccupation au regard de l'insuffisance des aliments à distribuer dans le pays.
A l'un des points de distribution, seules six pour cent des familles concernées ont été en mesure d'obtenir du maïs, a-t-il déclaré.
La Malawi a besoin de 208.
000 tonnes pour sauver environ 3,2 millions de personnes de la famine.
Seules 34.
000 tonnes sont arrivées dans le pays.
Sur cette quantité, 20.
000 tonnes sont constituées de maïs transgénique offert pas les Etats-Unis qui doivent envoyer 73.
000 tonnes supplémentaires destinées au pays.

11 septembre 2002 23:33:00




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