Le gouvernement nigérien décide de réorganiser l'orpaillage

Niamey- Niger (PANA) -- Le ministère nigérien des Mines a décidé de réorganiser l'orpaillage par la délivrance d'autorisations renouvelables d'exploitation aux orpailleurs, a rapporté lundi le quotidien privé "Ténéré Express".
Le directeur national des Mines, Oumarou Massalabi cité par le journal a expliqué qu'à travers cette mesure, le ministère des Mines vise à rétablir l'Etat dans ses droits.
"Jusqu'à la campagne précédente, les orpailleurs ne versaient rien à l'Etat.
Ils s'installaient sur les sites sans aucune autorisation préalable", a-t-il dit.
Les régions ouest du Niger aux frontières avec le Burkina Faso et le Mali, recèlent de gisements d'or exploités artisanalement par des orpailleurs du Niger et des pays voisins, indique-t-on.
Le ministère des Mines a également décidé de mettre en place un système de contrôle de la production en supervisant l'abattage du minerais, son transport et son traitement, a également révélé M.
Massalabi.
En outre, un nouveau système de pesage de l'or au moyen d'une balance électronique sera instauré avant d'être vendu aux intermédiaires agréés.
Ces derniers qui interviennent entre les producteurs et les commerçants agréés, seront dorénavant identifiés au moyen de cartes tenant lieu d'autorisation d'exercice délivrées par le ministère des Mines.
Le directeur des mines a également indiqué que des dispositions sont prises par le ministère en vue de réorganiser le site aurifère de Komabangou (250 km à l'ouest de Niamey) en zones d'habitation, d'extraction et de traitement ainsi que la mise en place d'un dispositif de sécurité pour assurer la quiétude et le bon déroulement des activités d'orpaillage en cet endroit.
Fermés depuis le 15 juin dernier pour prévenir les éboulements de terrain en période d'hivernage, les sites d'orpaillage seront bientôt réouverts, indique-t-on au ministère des Mines.
En mai 2000, au moins 3 personnes ont trouvé la mort à Komabangou, principal site d'orpaillage de la région de Téra (180 km à l'ouest de Niamey) suite à l'effondrement d'une galerie de puits, rappelle-t-on.
L'exploitation artisanale de l'or s'effectue dans cette région de Tera où près de 100.
000 personnes vivent directement et indirectement de l'activité à Komabangou.
En 1996, environ 360 kg d'or ont été exportés à partir des sites d'orpaillage du Niger, rappelle-t-on.
Au moins une dizaine de compagnies étrangères effectuent des recherches dans la zone, mais le projet le plus avancé est celui du périmètre de Samira (200 km à l'ouest de Niamey) dont le premier lingot d'or est attendu en 2002.
En avril 2000, le Premier ministre nigérien, Hama Amadou a procédé à la pose de la première pierre d'une usine de traitement de minerais d'or sur ce site d'une superficie de 1,2 ha au pied d'une colline, rappelle-t-on.
Toutes les opérations du traitement du minerais seront effectuées sur place, de l'extraction à la production de l'or, en passant par les étapes de la cyanuration, l'électrolyse et la fusion, indique-t-on.
L'étude de faisabilité du site a mis en évidence des réserves de 15,77 tonnes d'or métal.
Le gisement est exploité par la Société des mines du Liptako (SML) dont 20% du capital sont détenus par l'Etat nigérien.
Le reste par des investisseurs privés étrangers réunis au sein du groupe "African Geoming Development Corporation" (AGMDC).
Au ministère nigérien des Mines, on indique que les retombées attendues pour le Niger sont, outre l'emploi, les recettes fiscales, les infrastructures de communication, les dividendes éventuels et les effets induits sur le secteur du bâtiment et le commerce local.
Le Niger, l'un des pays les plus pauvres au monde, se propose de développer et de mettre en oeuvre des stratégies et des politiques de valorisation de son potentiel minier, selon le ministère nigérien des Mines.

16 Outubro 2001 17:38:00




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